Les arrêts maladie de longue durée en forte hausse dans le secteur privé, selon une étude

MALADIE La « maladie ordinaire » est restée « le premier motif » d’arrêt maladie, loin devant le Covid-19

20 Minutes avec AFP
— 
Un arrêt maladie. Illustration.
Un arrêt maladie. Illustration. — M. Allili - Sipa

De septembre 2019 à août 2020, le nombre d'arrêts maladie de longue durée, soit plus de 30 jours, a augmenté de 33 % dans le secteur privé par rapport aux douze mois précédents, a révélé une enquête Ifop* pour Malakoff Humanis, publiée ce lundi.

Selon le groupe mutualiste de protection sociale, qui précise que son enquête n’inclut pas les arrêts de travail délivrés pendant le premier confinement pour garde d’enfants ou pour les personnes vulnérables face au Covid-19, la « durée moyenne » de ces arrêts longs a atteint « 94 jours ».

Des rendez-vous médicaux « reporté ou annulé » pendant le confinement

Globalement, « en raison notamment du confinement et du chômage partiel » liés au coronavirus, le nombre de salariés du privé ayant eu au moins un arrêt de travail (toutes durées confondues) « a baissé » sur la période examinée, avec 36 % des salariés concernés, contre 44 % précédemment, d’après l’enquête. « Au plus fort de la crise » sanitaire au printemps, en mars et avril, un tiers des salariés (34 %) ont « reporté ou annulé » des soins « en raison du confinement », souligne Malakoff Humanis. Ils étaient encore 29 % en mai, puis 19 % en juin.

Parmi ceux arrêtés plus d’un mois de septembre 2019 à août 2020, plus de quatre sur dix (44 %) étaient âgés « de 50 ans et plus ». Sur cette période, 60 % des entreprises du secteur privé ont enregistré « au moins un arrêt long », contre 56 % lors de la période précédente. Ces arrêts longs ont entraîné des « difficultés de réorganisation » dans la moitié des entreprises (52 %).

Des maladies essentiellement « d’origine professionnelle »

Au sein des pathologies ayant conduit à un arrêt de travail, toutes durées confondues, la « maladie ordinaire » est restée « le premier motif », soit 29 % des arrêts, loin devant le Covid-19 (5 %). Deuxième cause, les troubles musculosquelettiques (TMS) ont provoqué 17 % des arrêts, devant les troubles psychologiques (15 %). « D’après les salariés, 45 % des arrêts de plus d’un mois seraient d’origine professionnelle », relève Malakoff Humanis.

Signe de « la moindre prise en charge » des maladies graves ou chroniques à cause de la crise sanitaire, le taux de salariés arrêtés pour ces raisons « est passé de 20 % début 2020, à 15 % pendant le confinement, puis à 11 % » pendant le déconfinement, note le groupe. À l’inverse, le taux de salariés arrêtés pour troubles psychologiques « est passé de 9 % début 2020 à 14 % pendant le confinement, puis à 18 % » lors du déconfinement.

*Cette enquête a été réalisée du 24 août au 24 septembre, par téléphone auprès de 405 dirigeants ou DRH et en ligne auprès de 2.008 salariés.