Coronavirus en Occitanie : Deux scénarios et des « jours cruciaux » devant nous

SANTE En Occitanie, plus de 200 personnes sont mortes du Covid-19 en une semaine et les effets dévastateurs de la deuxième vague ont largement dépassé ceux de la première. Il y a désormais deux scénarios possibles

Hélène Ménal

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Un patient pris en charge par le Samu à Toulouse. Illustration.
Un patient pris en charge par le Samu à Toulouse. Illustration. — Tristan Reynaud - Sipa
  • Pour les hospitalisations comme les décès, la situation épidémique en Occitanie est désormais pire qu’au printemps.
  • En une semaine, 1.100 patients de plus ont été admis à l’hôpital et les rénimations sont remplies à 95 %.
  • Si le confinement est strictement respecté, le pic pourrait selon l’ARS avoir lieu autour du 15 novembre. Mais c’est le scénario optimiste.

En Occitanie, le pic épidémique du printemps n’est plus historique. La deuxième vague du Covid-19 est plus forte, bien plus forte, selon l'agence régionale de Santé qui a dévoilé ce mardi un bien sombre tableau : 1.100 personnes ont été admises à l’hôpital en une semaine et le nombre de patients pris en charge en novembre dépasse désormais de 80 % celui du pic d’activité du mois d’avril. En réanimation, toujours en comparaison avec le printemps, le chiffre est de + 25 % : « Même si les réanimations sont plus courtes », sur une capacité portée à 650 places, « 90 % sont occupées », souligne Pierre Ricordeau, le directeur général de l’ARS.

En huit jours, 200 personnes sont mortes dans la région, dont 63 résidents d’Ehpad. Dans ces établissements pour personnes âgées, 125 clusters sont toujours en cours et la semaine s’est soldée par la découverte de 818 cas positifs parmi les pensionnaires, 428 au sein des personnels.

Le taux d’incidence régional du virus est d’environ 400 cas pour 100.000 habitants, avec de nombreuses disparités. Pierre Ricordeau indique qu’il est toujours en hausse dans cinq départements : les Hautes-Pyrénées, le Gers, le Lot, l’Aude et la Lozère. Ce qui veut aussi dire en creux qu’il est en baisse ailleurs, notamment dans l’Hérault et la Haute-Garonne, où toutefois les derniers taux connus (arrêtés au 6 novembre) restaient très élevés, respectivement à 714 et 569 selon Santé publique France.

15 novembre ou décembre pour la décrue ?

Alors, que va-t-il se passer maintenant ? A l’instar des scénarios nationaux, l’Institut Pasteur fait aussi des projections régionales, en fonction du fameux «R0 », le nombre de personnes contaminées par un même malade. Dans le cas où ce dernier serait de 0,9, le pic de cette deuxième vague pourrait se produire en Occitanie autour du 15 novembre. S’il est ne serait-ce que d’1,2, alors la courbe continue à monter, au-delà du 1er décembre.

Pour éviter le scénario du pire, Pierre Ricordeau annonce, assez solennellement que « que les jours qui viennent sont cruciaux ». En plus des gestes barrière, il enjoint les habitants « limiter leurs interactions sociales ».