Coronavirus : L'hôpital mobile du Samu 31, unique en Europe, part renforcer les urgences de Bayonne

INNOVATION Unique en Europe, l’hôpital mobile du Centre de réponse à la catastrophe de Toulouse est mis en service pour la première fois ce lundi à Bayonne

Béatrice Colin

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Le premier hôpital mobile d'Europe — 20 Minutes
  • Le Centre de réponse à la catastrophe de Toulouse a mis au point un hôpital mobile, simple camion qui peut se transformer en hôpital de campagne de 66 m2.
  • Ce prototype a la capacité d’intervenir n’importe où et de prendre en charge 18 patients dont huit en urgence absolue.
  • Il entre en service ce lundi à l’hôpital de Bayonne où il va suppléer les services d’urgences, saturés dans le cadre de la crise sanitaire du Covid-19.

Alors que de nombreux services d’urgence commencent à saturer face à l’afflux de patients positifs au Covid-19, il pourrait être une solution rapide et efficace pour les désengorger. C’est en tout cas le rôle que va remplir pour la première fois l’hôpital mobile du Centre de réponse à la catastrophe du CHU de Toulouse.

Ce dispositif unique en Europe va être installé à partir de ce lundi à proximité du Centre hospitalier de la Côte basque, à Bayonne. Alors que la crise sanitaire y fait rage, il permettra de renforcer temporairement le service des urgences.

De loin, il ressemble à un banal camion frigorifique, mais rapidement les logos du Samu ou du service départemental d’incendie et de secours apposés sur sa carrosserie laissent présager qu’il n’a rien d’anodin. Une fois déployé tel un transformer, cette structure de 12 mètres de long et de 66 m2 de surface permet d’accueillir 18 patients, dont huit en urgence absolue, dans cinq boxes différents.

Il a l’avantage d’être transportable en A400M

« Il a l’avantage de pouvoir se déployer en vingt minutes quand il faut près de 48 heures pour un hôpital de campagne comme cela a été le cas à Mulhouse lors de la première vague », explique Vincent Bounes, le patron du Samu de Toulouse à l’origine de la création de ce prototype. Après les attentats de Barcelone, ce dernier s’est dit qu’il manquait un dispositif pouvant être déployé rapidement et n’importe où lorsque survient une catastrophe industrielle ou encore un crash d’avion au milieu de nulle part grâce à son son autonomie en eau, électricité ou encore gaz pour l’usage médical,

« Rien ne correspondait à nos besoins, on voulait pouvoir avoir une structure qui permet de donner à tous les patients la même chance », poursuit le praticien.

Qu’il soit dans le désert, au fin fond de la campagne où il n’y a aucun hôpital à 50 km à la ronde ou même en centre-ville sur un parking, il peut être installé partout où il faut prendre en charge des victimes sur place. Et, malgré ses 17 tonnes, il a l’avantage d’être transportable en A400M.

Aussi bien équipé que n’importe quel service de réanimation, il est aussi plus confortable que les tentes militaires. En dur, il résiste aux tempêtes de neige, aux radiations et a même la clim. Le « Shelter », petit nom donné par ses concepteurs, s’est inspiré des postes de commandement militaire.

La pandémie a accéléré son développement

Et c’est donc logiquement vers l’entreprise Cegelec qui les produit que s’est tournée l’équipe d’urgentistes. « C’est issu d’un concept développé avec les militaires, mais c’est la première version pour un Samu, pour qui le besoin fondamental était la rapidité et l’agilité. Nous avons commencé à échanger en 2019 et la pandémie à accélérer son développement », explique Gilles Laborde, président de Cégelec Defense.

Un prototype qui a coûté 2,3 millions d’euros, en partie financé par des fonds européens, et dans le cadre d’un partenariat franco-espagnol. Il inspire d’ores et déjà d’autres centres hospitaliers qui n’ont pas hésité à appeler ces derniers jours leurs homologues toulousains.