Coronavirus : Décès, soignants touchés, maladie des enfants… Les 5 infos à retenir du point hebdomadaire de Santé Publique France

COVID-19 Chaque jeudi, Santé Publique France publie les derniers chiffres des cas, des hospitalisations et des décès du Covid-19, des données précisées le lendemain par les épidémiologistes de l’agence

Oihana Gabriel
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Illustration du CHU de TOulouse.
Illustration du CHU de TOulouse. — Tristan Reynaud/SIPA
  • Le nombre d’hospitalisations (+ 43 %), d’entrées en réanimation (+ 43 %) et de décès (+ 45 %) a continué à augmenter en France entre le 26 octobre et le 1er novembre.
  • Ce point épidémiologique s’intéresse également au nombre de soignants des hôpitaux touchés par l’épidémie.
  • Et à la maladie des enfants qui pourrait être liée au Covid-19, qui est désormais baptisée « syndromes inflammatoires multi-systémiques pédiatriques ».

Chaque semaine, le point épidémiologique hebdomadaire de Santé Publique France est scruté à la loupe. Car il donne, sur une semaine, la tendance sur les chiffres de l’incidence de l’épidémie, les hospitalisations, les décès… Mais ce jeudi, le bilan a été quelque peu modifié. En effet, un défaut de remontées de données vers l’agence biaise les résultats concernant le nombre de cas, les chiffres des tests étant sous-estimés.

Il n’empêche, ce bilan souligne d’autres données importantes, notamment les entrées en réanimation, qui continuent à progresser, ou l’impact de l’épidémie sur les soignants… 20 Minutes vous compile les cinq informations à retenir.

Hospitalisations et entrées en réanimation en hausse

Le 3 novembre 2020 (date de la fin des remontées de ce point épidémiologique), 26.265 cas de Covid-19 étaient hospitalisés en France métropolitaine, dont 3.878 en réanimation. Les hospitalisations explosent-elles ? « Au niveau national, en milieu hospitalier, le nombre hebdomadaire de nouvelles hospitalisations pour Covid-19 a augmenté la semaine dernière avec 17.450 nouvelles hospitalisations. » En clair, nous avions une hausse de 62 % vendredi dernier, contre 43 % cette dernière semaine.

Les hôpitaux de certaines régions sont-ils davantage en tension que d’autres ? « Les taux d’hospitalisation étaient en augmentation dans toutes les régions, poursuit le point hebdomadaire de Santé Publique France. Les taux les plus élevés ont été enregistrés en Auvergne-Rhône-Alpes (48,6/100.000 habitants), en Provence-Alpes-Côte d’Azur (40,2) et Bourgogne-Franche-Comté (33,8) ».

Et du côté des réanimations ? « Au niveau national, le nombre de nouvelles admissions en réanimation était également en augmentation (2.605 admissions soit + 43 %) », explique le bilan. C’était + 35 % la semaine précédente. Une hausse d’autant plus problématique que les patients atteints du Covid-19 sont en général maintenus dans ces services pendant trois semaines en moyenne.

Combien de décès sur une semaine ?

« Au niveau national, le nombre hebdomadaire de décès continue de progresser avec 2.242 décès contre 1.550 la semaine précédente, soit une augmentation de 45 % », souligne le document. A titre de comparaison, l’augmentation était de 78 % sur le point hebdomadaire de vendredi dernier.

Un sujet de préoccupation émerge : beaucoup de cas positifs ont été confirmés dans les Ehpad. Des lieux particulièrement endeuillés lors de la première vague. La synthèse souligne donc : « l’augmentation du nombre de cas de Covid-19 parmi les résidents des Ehpad annonce l’augmentation très probable des décès dans les semaines à venir ».

Qui meurt du Covid ?

Une étude sur les certificats de décès rédigés par voie électronique et transmis à Santé publique France depuis le 1er mars 2020 renseigne sur le profil des victimes de ce coronavirus. Et confirment les données que nous avons pu lire jusqu’ici. « L’âge médian au décès était de 84 ans et 91,2 % avaient 65 ans et plus. Les hommes représentaient 55 % de ces décès. Des comorbidités étaient renseignées pour 10.047 décès (sur 15.469 décès remontés), soit 65 % des certificats de décès. »

Plus en détail, 34 % de ces défunts souffraient d’une pathologie cardiaque et 24 % d’hypertension artérielle. « Sur l’ensemble des décès certifiés électroniquement, 2,5 % des personnes décédées ne présentaient pas de comorbidité et étaient âgées de moins de 65 ans », souligne le document. Une pyramide des âges des victimes qu’on retrouve sur les 1.362 personnes décédées sur la semaine écoulée du Covid-19 : 1.119 (82 %) étaient âgées de plus de 75 ans, 185 étaient âgées de 65 à 74 ans, 53 personnes étaient âgées de 45 à 64 ans et 5 personnes étaient âgées de 15 à 44 ans.

Les soignants touchés par l’épidémie

Ce point hebdomadaire innove en se penchant sur la situation spécifique des soignants, en première ligne depuis des mois et encore pour des longues semaines. On sait que certains ont payé un lourd tribut. Mais on connaît désormais le nombre précis de cas et de défunts.

Depuis le 1er mars, 44.281 personnes travaillant dans les établissements de santé, public ou privé, ont été infectées. Dont 8.015 cas en octobre uniquement. « Au total, 17 décès liés à l’infection à SARS-CoV-2 ont été enregistrés depuis le 1er mars 2020, dont 5 médecins, 4 aides-soignants, 2 professionnels de santé classés "autres" et 6 professionnels non soignants », pointe le document.

Un retour de la maladie des enfants ?

C’est une information qui risque de crisper plus d’un parent. Fin avril, certains médecins alertaient sur une curieuse pathologie qui touchait les enfants, potentiellement provoquée par le Covid-19, qu’on a un temps appelé la maladie proche du syndrome de Kawasaki. Depuis, les choses se sont affinées et ces syndromes sont recensés sous l’appellation de « syndromes inflammatoires multi-systémiques pédiatriques » (PIMS).

De nouveaux cas sont apparus depuis l’automne, voilà pourquoi l’agence de santé propose quelques données sur ce sujet qui concerne les enfants. Mais les chiffres rappellent que ces syndromes restent extrêmement rares : on compte 240 cas depuis mars en France. « On a eu 33 nouveaux cas depuis le 15 septembre, mais aucun décès », rassure Christine Campese, épidémiologiste à Santé Publique France. Les données montrent que l’âge médian des enfants malades est de 7 ans et un quart a moins de 3 ans. Dans 76 % des cas, la maladie avait un lien certain, probable ou possible avec le Covid-19.

Depuis mars, un seul enfant en est décédé. En revanche, « un séjour en réanimation a été nécessaire pour 110 enfants (46 %) et en unité de soins critiques pour 38 enfants (16 %) », précise le point de Santé Publique France.