Coronavirus : Quels droits et quelles dérogations pour les personnes handicapées ?

HANDICAP Sophie Cluzel, secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée des Personnes handicapées, a détaillé les mesures prises pour les personnes handicapées lors d’un point presse ce vendredi

Oihana Gabriel

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Illustration de Sophie Cluzel, secrétaire d'état auprès du premier ministre, en charge des personnes handicapees.
Illustration de Sophie Cluzel, secrétaire d'état auprès du premier ministre, en charge des personnes handicapees. — BUFKENS Cedric/SIPA
  • Quel suivi ? Quel accès aux soins ? Quid du travail ? Ce vendredi, Sophie Cluzel a précisé lors d’une conférence de presse les mesures prises pour ce deuxième confinement concernant les personnes en situation de handicap.
  • Elles peuvent avoir des dérogations, notamment pour les déplacements et le port du masque.
  • Le mot d’ordre est cette fois de garder les établissements qui reçoivent des personnes handicapées ouverts, à la différence de la première vague.

En avril, nous avions donné la parole à des mères d’enfants handicapés aussi épuisées qu’inquiètes. Car tous les professionnels qui aidaient leurs enfants à apprendre à marcher, parler, s’exprimer avaient dû interrompre leur travail de longue haleine pendant le confinement. Depuis une semaine et le retour du confinement dans toute la France face à une deuxième vague de coronavirus impressionnante, beaucoup doivent être soulagées. Soulagées de voir que cette fois, le gouvernement a choisi de maintenir les établissements et services médico-sociaux ouverts et les interventions à domicile possibles.

A l’occasion de la conférence de presse de Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée du handicap (qui porte un masque inclusif) ce vendredi après-midi, 20 Minutes vous propose un récapitulatif de ce que peuvent faire les personnes handicapées et comment elles sont accompagnées.

Qu’est-ce qui reste ouvert ?

« Tous les établissements et services médico-sociaux (ESMS) pour enfants et pour adultes handicapés restent ouverts, c’est la grande différence avec le premier confinement », souligne Sophie Cluzel. Les accueils de jour et les solutions de répit pour les aidants également. « Le mot d’ordre, c’est que tout reste ouvert, pour éviter les pertes d’acquis qu’on a pu voir lors du premier confinement », insiste-t-elle. Le droit des visites dans les ESMS est maintenu, mais il se fait sur rendez-vous, comme dans les Ehpad.

De même, les personnes hébergées en structures auront la possibilité de rentrer chez elles le week-end, si aucun cas de Covid-19 avéré n’est présent dans l’établissement ou la famille. « Nous voulons maintenir ce lien avec les familles », assure-t-elle. Par ailleurs, les professionnels du médico-social peuvent continuer à exercer, dans les ESMS ou à domicile. Et les maisons départementales des personnes handicapées restent ouvertes.

Les personnes handicapées peuvent-elles travailler ?

Selon le communiqué datant de vendredi dernier​, le travail reste encouragé. « Les établissements et services d’aide par le travail (ESAT), ainsi que les entreprises adaptées (EA), restent ouverts, sauf s’ils sont concernés par les règles de fermeture administrative, notamment pour le secteur de la restauration. L’activité professionnelle des personnes ne présentant pas de facteurs de risque est donc maintenue. Les personnes qui ne peuvent pas travailler continueront à bénéficier du chômage partiel. »

Quelles sont les dérogations ?

En plus des cas de figure où les déplacements sont autorisés (travail, rendez-vous médical, assistance à un proche, courses), « des dérogations pour les déplacements des personnes en situation de handicap et leurs aidants sont prévues », a confirmé la secrétaire d’Etat. Par ailleurs, une nouvelle mesure a été prise ce vendredi : les personnes non voyantes n’ont pas besoin d’attestation de déplacement. Les autres peuvent bien sûr télécharger les attestations sur handicap.gouv.fr.

Sur la question du masque, qui n’est pas forcément évident à porter pour certaines personnes handicapées, la question a également été tranchée : celles qui ne peuvent pas porter le masque en sont dispensées, à condition d’avoir un certificat médical, notamment pour les enfants dans le cadre scolaire, où depuis une semaine le masque est obligatoire dès 6 ans. Enfin, dernier champ pour lequel ces personnes peuvent demander une dérogation : le sport. « Tous les équipements sportifs sont fermés, mais des dérogations ont été obtenues pour permettre aux personnes handicapées de réaliser une activité sportive », détaille Sophie Cluzel. Une information importante pour toutes celles et ceux qui ont besoin de travailler leur motricité.

Quel accès aux soins ?

Cette question reste fondamentale. Pendant la première vague, certains professionnels avançaient qu’ils ne trouvaient pas de place pour leur patient handicapé à l’hôpital. « Le handicap ne peut être un critère de refus de soin, qu’il s’agisse d’hospitalisation ou de réanimation », martèle la secrétaire d’Etat.

Un référent handicap sera nommé au sein de chaque CHU et dans chaque Samu pour évaluer la prise en charge des personnes atteintes de handicap. « Des fiches réflexes, élaborées avec les associations, pour prendre en compte les fragilités de chacun, seront transmises », poursuit-elle. Enfin, la présence d’un aidant aux côtés des personnes pour les accompagner dans leurs soins sera possible, à titre exceptionnel, et dans le respect des gestes barrières.

Combien de cas recensés dans les établissements ?

Les chiffres ont de quoi inquiéter. Lors de cette conférence de presse, la secrétaire d’État a précisé que sur les sept derniers jours, 3.789 cas de Covid-19 et 18 décès ont été confirmés dans les 11.000 établissements recevant des personnes handicapées. « On constate une augmentation du nombre de cas depuis quelques jours », reconnaît Sophie Cluzel. Au point de prendre de nouvelles mesures restrictives ? « On agit au cas par cas avec un lien régulier avec les Agences régionales de santé (ARS), répond-elle. S’il y a un foyer important, nous réagirons localement. »