Coronavirus : Perte de goût, difficultés respiratoires ou grosse fatigue… Un questionnaire lancé pour mieux cerner les « Covid longs »

EPIDEMIE L’association « Tous partenaires Covid », qui réunit des patients, des soignants, mais aussi des scientifiques, cherche à mieux comprendre les suites du Covid afin d’aider ceux qui souffrent de symptômes sur le long terme

Béatrice Colin

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Le suivi d'un patient Covid-19 dans le service pneumologie de Larrey, au CHU de Toulouse.
Le suivi d'un patient Covid-19 dans le service pneumologie de Larrey, au CHU de Toulouse. — Tristan Reynaud/SIPA
  • Alors que la deuxième vague de l’épidémie de coronavirus touche la France, des malades touchés lors de la première vague ont toujours des symptômes des mois après.
  • Perte d’odorat, grosse fatigue ou encore problèmes pulmonaires sont quelques-uns des symptômes.
  • Pour mieux identifier ces « Covid longs » et les aider, l’association « Tous partenaires Covid », qui réunit médecins et patients, lance une grande enquête participative.

Aujourd’hui, les services de réanimation de nombreux hôpitaux de France voient affluer des victimes du Covid-19. Pour la majorité, ces patients s’en sortiront. Mais une partie en gardera des séquelles. Certains malades touchés lors de la première vague, et qui parfois n’ont pas eu une forme grave, se retrouvent encore aujourd’hui avec des problèmes pulmonaires ou neurologiques persistants. Plusieurs mois après, d’autres n’arrivent toujours pas à différencier l’odeur du poisson de celle du chocolat.

De quoi susciter de nombreuses questions parmi les malades, leurs familles, mais aussi les soignants parfois décontenancés sur les réponses à apporter. Des symptômes qui sont dans certains cas étayés par les résultats des scanners et autres analyses, et dont les praticiens ont parfois du mal à identifier la cause. Ce qui a souvent tendance à peser sur le moral.

Pour réussir à mieux cerner ce phénomène, une association baptisée «Tous partenaires Covid» a été créée à Toulouse et réunit des médecins, des patients, mais aussi des chercheurs de la France entière, pas toujours spécialisés dans le médical.

Enquête et échange avec les patients

Elle vient de lancer un questionnaire en ligne auprès de ceux que l’on appelle les « Covid longs ». « On se retrouve aujourd’hui face à quelque chose de nébuleux, pour la majorité des maladies nous avons une centaine d’années de recul, là nous avons moins d’un an et cela a touché des millions de personnes », indique Louis Delamarre, anesthésiste-réanimateur au CHU de Toulouse et membre du comité scientifique de l’association.

Cette enquête participative, sorte de recueil de tous les maux post-Covid, doit permettre de codifier, de voir quels sont les symptômes récurrents dans le temps, mais aussi « de dire aux patients "vous n’êtes pas tous seuls " », insiste le praticien.

« L’objectif numéro un est que les gens comprennent ce qu’ils ont pour savoir ce dont ils ont besoin, nous voulons ensuite créer une page Internet pour le grand public afin de présenter ces résultats, de les rendre accessibles. L’idée c’est de collaborer car ce n’est pas une maladie que l’on va résoudre uniquement entre médecins, on a encore beaucoup de choses à apprendre », poursuit Louis Delamarre qui, avec d’autres médecins de l’association, avait participé à la rédaction du site gouvernemental mesconseilscovid.fr.

L’enquête devrait dévoiler ses premiers résultats d’ici à la fin de l’année. Mais elle se poursuivra au long cours, certains de ces « Covid longs » ayant désormais des maladies chroniques. Des questionnaires hebdomadaires sont donc prévus pour voir l’évolution des symptômes, tout comme un questionnaire sur les conséquences psychologiques, et souvent sociales, que vit le patient.