Confinement : Jean Castex déplore qu’on appelle les maires « à violer les lois de la République »

MAGASINS FERMES Le Premier ministre a réagi après que plusieurs maires de France ont annoncé que les restrictions sanitaires seraient volontairement enfreintes dans leur ville

20 Minutes avec AFP
— 
Jean Castex déplore qu'on appelle les maires
Jean Castex déplore qu'on appelle les maires — Ian Langsdon/AP/SIPA

Le débat sur la fermeture des commerces non-essentiel touche la classe politique. Depuis le début du confinement national décidé pour combattre l’épidémie de coronavirus, certains élus ont appelé les maires de France à prendre des arrêtés pour rouvrir les commerces. Une attitude que le Premier ministre Jean Castex a dénoncée ce mardi.

« Quand la République est confrontée à la plus grave crise sanitaire qu’elle ait subie depuis des décennies, on n’appelle pas les maires, serviteurs de la République, à violer les lois de la République. Ça n’est pas possible », s’est insurgé Jean Castex​ lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

« C’est ne plus faire de reconfinement »

Répondant au député et président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde, qui l’interrogeait sur la « cohérence » des décisions gouvernementales et la fermeture de commerces et pas d’autres, Jean Castex a expliqué qu’ouvrir « au-delà » des commerces de première nécessité « c’est ne plus faire de reconfinement ». Le reconfinement « consiste à faire en sorte que le maximum de nos concitoyens restent chez eux pour casser la progression épidémique et l’arrivée dans les services d’urgence », a-t-il fait valoir, alors que les indicateurs de l’épidémie se dégradent de jour en jour.

« Autant je comprends parfaitement les souffrances endurées par les Françaises et les Français et notamment les commerçants qui n’y sont pour rien. (…), autant je ne comprends pas que vous ayez envoyé aux adhérents de votre formation politique, aux maires, une demande leur suggérant vivement de prendre des arrêtés pour s’opposer aux décisions de l’état d’urgence sanitaire », a déploré Jean Castex.

Plus de 70 maires ont pris un arrêté pour demander la réouverture des commerces

Le chef du gouvernement a salué des maires « responsables » puisque, selon lui, 71 édiles seulement ont pris un arrêté pour demander la réouverture des commerces, « 16 l’ont retiré, et 55 l’ont maintenu, aux chiffres d’hier sur 36.000 maires ». Des dizaines d’élus locaux ont pris de façon unilatérale des arrêtés autorisant la réouverture des commerces, alors que seuls ceux de première nécessité sont autorisés à ouvrir pendant le reconfinement.

Face à la grogne, Jean Castex avait annoncé dimanche qu’au nom de l'« équité » et de la sécurité sanitaire, le gouvernement avait décidé de fermer les rayons de produits « non essentiels » dans les grandes surfaces, plutôt que d’autoriser les petits commerces à rouvrir. Le gouvernement a ainsi publié, mardi, un décret (qui précise lui-même un précédent décret) sur les produits pouvant être vendus en grande surface. S’y ajoutent donc notamment les « produits de toilette, d’hygiène, d’entretien et de puériculture ».