Masques, repas, cours en présentiel ou à distance… Quelles sont les nouvelles règles sanitaires pour les élèves et les étudiants à cette rentrée ?

EDUCATION Les consignes diffèrent selon les âges des élèves et selon les établissements du supérieur…

Jean Bouclier et Delphine Bancaud

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Des élèves dans une classe de primaire.
Des élèves dans une classe de primaire. — LODI Franck
  • Le gouvernement a décidé de laisser ouverts les écoles, collèges et lycées lors de ce deuxième confinement, afin de limiter les risques de décrochage des élèves.
  • Le nouveau protocole sanitaire renforcé dans les établissements scolaires est paru ce vendredi et détaille les changements à prévoir.
  • Pour les étudiants aussi, la donne change.

Les classes  vont rester ouvertes, en dépit de la deuxième vague de l’épidémie de coronavirus. Mais le gouvernement a levé d’un cran les consignes sanitaires qui sont précisées dans un nouveau protocole, publié ce vendredi sur le site du ministère de l’Education.

« Le protocole renforcé permettra l’accueil de tous les élèves à l’école, au collège et au lycée », a promis le ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer. 20 Minutes détaille ce qui attend les élèves et les étudiants dès lundi.

Qu’est-il prévu dans les écoles ?

Comme cela était réclamé par certains et annoncé jeudi dans la journée, le port du masque devient obligatoire dès le CP, à 6 ans, contre 11 ans auparavant. Une manière de « protéger les élèves et les professeurs », selon le ministre. Comme pour les élèves plus âgés auparavant, des masques seront notamment disponibles dans les écoles en cas d’oubli d’un élève ou si la famille connaît des difficultés financières. Dans les écoles élémentaires, « le principe est la distanciation physique d’au moins un mètre lorsqu’elle est matériellement possible, dans les espaces clos (dont la salle de classe), entre l’enseignant et les élèves ainsi qu’entre les élèves quand ils sont côte à côte ou face à face », précise le protocole sanitaire. En maternelle, la distanciation ne s’impose pas entre les élèves d’une même classe, mais de classes différentes.

Les autorités veulent également limiter au maximum le brassage des élèves. Et pour cela, il y a quatre leviers possibles. D’une part, les arrivées et les départs des enfants, qui seront étalés dans le temps. De même, il y a la circulation des élèves dans les bâtiments. Une seule salle sera dédiée à chaque classe dans le secondaire. Sans oublier les récréations, qui se feront par groupes, avec respect des gestes barrières. Et si cela n’est pas possible, des pauses en classe sont prévues. Enfin, la restauration scolaire est maintenue. Dans la mesure du possible, le but est de faire déjeuner les enfants à 1 m de distance les uns des autres, en les laissant avec leurs camarades de leur classe. La ventilation des salles et le nettoyage des meubles seront renforcés. L’ensemble de ces règles sera similaire dans le périscolaire.

Important à savoir aussi : pour pouvoir emmener leurs enfants à l’école, les parents devront se munir d’un justificatif de déplacement scolaire. « Les directeurs d’école rempliront ces attestations. Elles doivent être signées et tamponnées par les établissements pour être valides », a déclaré le ministère de l’Éducation nationale jeudi.

Quid des collèges ?

La limitation du brassage des élèves est renforcée, comme dans les écoles, et la distanciation d’au moins un mètre s’applique aussi, si c’est possible. « Une seule salle sera attribuée à chaque classe dans la mesure du possible », précise le protocole. Mêmes règles qu’à l’école concernant les récréations et la cantine. Les internats accueillent les élèves.

Reste une inconnue : la réaction des enseignants en cette rentrée. Car le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, estime que les mesures sanitaires ne sont pas suffisantes. « Allons-nous enfin nous donner les moyens d’accueillir les élèves par petits groupes, de renforcer le nettoyage et l’aération des locaux, de réduire le nombre d’élèves au moment de la restauration ? », a déclaré Sophie Vénétitay, la porte-parole du syndicat. Selon elle, il faut réorganiser les classes en petits groupes, avec des élèves qui viennent à l’école la moitié de la semaine et restent chez eux ou sont accueillis dans des locaux des municipalités le reste du temps. Le Snes-Fsu a d’ailleurs déposé un préavis de grève pour lundi. La mobilisation ne devrait pas être forte pour autant. Mais difficile de savoir si la colère des enseignants ne va pas prendre de l’ampleur.

Que se passera-t-il dans les lycées ?

Pour les lycées, Jean-Michel Blanquer a évoqué une « souplesse » qui sera laissée aux chefs d’établissement pour l’organisation du protocole. « Le protocole de continuité pédagogique permet d’envisager de l’enseignement à distance pour les élèves vulnérables ou pour des groupes d’élèves », a-t-il dit. Concernant les internats au lycée, « les chambres sont attribuées de façon individuelle ou, à défaut, entre élèves d’un même groupe en respectant une distanciation physique d’au moins un mètre entre les lits », précise le protocole.

Concernant les élèves de BTS (Brevet de Technicien Supérieur) et de classes préparatoires, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a précisé dans une story publié sur son compte Instagram que les cours se dérouleront en présentiel. Côté prévention, le ministre de l’Education a indiqué qu’une « politique de tests volontariste avec une priorité pour les personnels éducatifs » serait instaurée dans les établissements. « Nous continuerons à fermer des structures chaque fois que ce sera nécessaire », a-t-il dit.

Quels dispositifs sont prévus pour les étudiants ?

Dans le supérieur, Emmanuel Macron l’avait annoncé mercredi, les cours (cours magistraux et TD) se feront à distance durant ce deuxième confinement. Avec des exceptions tout de même, comme l’indique ce vendredi le ministère de l’Enseignement supérieur dans un communiqué : « Dans les cas très particuliers où le caractère pratique de l’enseignement ne permet pas cette modalité, comme pour certains travaux pratiques, des accueils seront proposés dans le respect d’une jauge limitée à 50 % de la capacité d’accueil théorique. Cela concernera par exemple les manipulations en biologie ou les gestes professionnels en santé ». Une attestation de déplacement dérogatoire est impérative pour tout déplacement entre le domicile et les établissements, pour les étudiants comme les personnels.

Les examens et partiels, eux, pourront être effectués en présentiel, mais avec des règles renforcées. Les restaurants universitaires, quant à eux, vont rester ouverts, mais uniquement pour la vente à emporter. Car les salles de restauration seront fermées. Et pour aller à la bibliothèque du campus, il faudra prendre rendez-vous et respecter une jauge de présence. Enfin, côté recherche, il faudra au maximum avoir recours au télétravail. « L’accès aux laboratoires et unités de recherche au sein des établissements d’enseignement supérieur reste autorisé pour les personnels et les doctorants », précise cependant le ministère de l’Enseignement supérieur. Enfin, les services de santé universitaire et les services sociaux resteront accessibles. Ainsi que les salles de travail équipées en informatique pour les étudiants qui ne disposent pas d’ordinateur ou de connexion internet.