Coronavirus : Le Conseil scientifique est « surpris » par la « brutalité » de la deuxième vague

EPIDEMIE Alors que 50.000 cas de coronavirus ont été détectés dimanche, Jean-François Delfraissy estime que ce nombre tourne plutôt autour de 100.000

20 Minutes avec AFP

— 

Une terrasse à Nice, le 23 octobre 2020.
Une terrasse à Nice, le 23 octobre 2020. — SYSPEO/SIPA

La situation face au Covid-19 est « difficile, voire critique », a estimé ce lundi Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, estimant qu’il faudrait au minimum durcir et étendre le couvre-feu face à une deuxième vague épidémique « brutale ».

« On est dans une situation difficile, voire critique. (…) On avait prévu qu’il y aurait cette deuxième vague, mais nous sommes nous-mêmes surpris par la brutalité de ce qui est en train de se passer depuis 10 jours », a déclaré le professeur Delfraissy sur RTL. « La deuxième vague va probablement être plus forte que la première », a-t-il craint, en relevant que « beaucoup de nos concitoyens n’ont pas encore pris conscience de ce qui nous attend ».

Deux fois plus de cas que prévu

Il a estimé que le chiffre réel des cas devait être « autour de 100.000 par jour », alors que les cas confirmés ont atteint ces derniers jours des chiffres record, dépassant dimanche la barre des 50.000 en 24 heures pour la première fois depuis le début des tests massifs.

Selon lui, il y a « deux hypothèses » pour tenter de juguler cette deuxième vague. La première est « d’aller vers un couvre-feu plus massif, à la fois dans ses horaires, dans son étendue au niveau du territoire national, et qui puisse également être mis en place le week-end ». Après « 10 à 15 jours (…) on pourrait regarder la courbe des nouvelles contaminations (…) et si on n’est pas dans la bonne direction, aller vers le confinement ».

Un confinement revisité

La deuxième hypothèse est « d’aller directement vers un confinement, moins dur que celui du mois de mars, qui permette à la fois le travail, qui évidemment s’accentuerait en termes de télétravail, qui permettrait probablement de conserver une activité scolaire et qui permettrait aussi de conserver aussi un certain nombre d’activités économiques, qui pourrait être de plus courte durée et qui serait suivi de conditions de déconfinement très particulières, puisqu’on déconfinerait en passant par un couvre-feu ».

« Plus on prendra des mesures rapidement, plus (elles) auront une certaine forme d’efficacité », a-t-il insisté, tout en soulignant que le Conseil scientifique, chargé d’éclairer les choix de l’exécutif, « ne préconise rien, nous mettons sur la table les deux grandes stratégies qui sont possibles ». Il s’agit de « décisions éminemment politiques », a-t-il relevé.

« Cette vague elle est en train d’envahir l’Europe (…) elle va durer plusieurs semaines, voire un ou deux mois », a-t-il poursuivi, tout en refusant de se prononcer sur la situation lors des fêtes de fin d’année : « On verra pour les vacances de Noël ».