Coronavirus dans le Grand-Est : « Nous allons vers un confinement », selon le médecin et président de la région Jean Rottner

EPIDEMIE « Si reconfinement il doit y avoir dans dix jours ou dans quinze jours, parlons-en déjà maintenant, que l’on prépare les Français », a-t-il plaidé

T.G. avec AFP

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Jean Rottner, président de la région Grand-Est et médecin urgentiste.
Jean Rottner, président de la région Grand-Est et médecin urgentiste. — PATRICK GELY/SIPA
  • Le président de la région Grand-Est a évoqué ouvertement la possibilité d’un reconfinement. Selon Jean Rottner, il serait adapté selon les situations locales.
  • Où ? Le médecin urgentiste de profession a préconisé « d’insister plus particulièrement » sur les zones « où l’on a plus de 1.000 cas positifs pour 100.000 habitants ».
  • « Je demande que nous puissions en discuter avant qu’il ne soit trop tard (…), plutôt que d’attendre encore quinze jours ou trois semaines que le gouvernement ouvre les discussions avec les élus locaux, avec les organisations syndicales et patronales », a insisté l’élu.

Et si les Français étaient de nouveau confinés ? Ce scénario, craint par beaucoup, circule de plus en plus. Le président de la région Grand-Est Jean Rottner (LR) l’a évoqué ce lundi matin sur France Info en évoquant « un reconfinement adapté » aux situations locales.

Où ? Le médecin urgentiste de profession a préconisé « d’insister plus particulièrement » sur les zones « où l’on a plus de 1.000 cas positifs pour 100.000 habitants ». Il faut « préserver une certaine forme d’activité économique, adapter nos transports en commun, étaler les heures de prise de travail » et « peut-être conserver l’activité scolaire », a-t-il plaidé.

Encore interrogé sur la probabilité d’un reconfinement, il a souligné que « les chiffres sont implacables » avec « plus de 50.000 nouveaux cas positifs » enregistrés en 24 heures, et « le seuil de 1.000 morts par semaine » d’ores et déjà dépassé.

« Je demande que ces discussions s’ouvrent réellement entre le gouvernement et les corps intermédiaires et les élus locaux, a poursuivi Jean Rottner. Il faut non pas une conférence de presse hebdomadaire ou tous les quinze jours, il faut du dialogue, de la concertation, de la pédagogie. »

« Un ou deux trains de retard »

« Je demande que nous puissions en discuter avant qu’il ne soit trop tard (…), plutôt que d’attendre encore quinze jours ou trois semaines que le gouvernement ouvre les discussions avec les élus locaux, avec les organisations syndicales et patronales », a insisté l’élu. Selon lui, Emmanuel Macron « doit s’exprimer » et « débuter une forme de dialogue pour que la France ne soit pas bloquée ». «  L’épidémie est devant nous », et nous avons « un ou deux trains de retard », a-t-il encore averti.

Le président de la région Grand-Est, région qui fut l’une des premières et des plus violemment touchées par la première vague de l’épidémie, a cité l’exemple d’Israël qui, « au prix d’un confinement assez sévère, en quinze jours, a réussi à casser sa courbe d’épidémie. Je ne dis pas qu’il faille faire cela en France mais ouvrons le débat. Si reconfinement il doit y avoir dans dix jours ou dans quinze jours, parlons-en déjà maintenant, que l’on prépare les Français ».

Dans un tweet publié dimanche soir, Jean Rottner s’est montré plus affirmatif, disant avoir « la certitude que nous allons vers un confinement ».