Coronavirus en Ille-et-Vilaine : Pourquoi le département a été placé sous couvre-feu

EPIDEMIE Même si les chiffres sont moins mauvais qu’ailleurs, le département a tout de même été placé sous cloche pour les trois prochaines semaines

Jérôme Gicquel

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A Rennes, les bars de la rue de la soif vont devoir baisser le rideau pendant trois semaines.
A Rennes, les bars de la rue de la soif vont devoir baisser le rideau pendant trois semaines. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
  • Comme dans 53 autres départements, l’Ille-et-Vilaine va être placé sous le régime du couvre-feu à partir de ce vendredi minuit.
  • Il sera ainsi interdit de se déplacer entre 21 heures et 6 heures du matin dans tout le département et les bars devront baisser le rideau pendant trois semaines.
  • Si l’épidémie s’est stabilisée à Rennes et dans sa métropole, elle a littéralement explosé partout ailleurs en Ille-et-Vilaine.

Trois semaines sous cloche de 21 heures à 6 heures du matin. Voilà ce qui attend les habitants et habitantes d’Ille-et-Vilaine à partir de ce vendredi à minuit. Comme dans les 53 départements métropolitains concernés par la mesure de couvre-feu, il sera donc interdit de se déplacer sur cette tranche horaire dans tout le département sauf pour des raisons impérieuses professionnelles, familiales ou de santé.

La mesure s’annonce rude pour les patrons de bars avec la fermeture totale de leurs établissements au moins jusqu’au 13 novembre inclus. Il en sera de même pour les salles de sport et les piscines. Les gérants de restaurants s’en sortent un peu mieux car ils pourront toujours accueillir des clients jusqu’à 21 heures, tout comme les salles de spectacle ou les musées. Tous les salons, expositions ou fêtes foraines seront par ailleurs interdits pendant trois semaines dans tout le département.

L’épidémie se stabilise à Rennes mais explose partout ailleurs

Si plus de 46 millions de Français sont concernés par ce couvre-feu, l’annonce du placement de l’Ille-et-Vilaine en a surpris beaucoup. Plutôt épargné depuis le début de la crise sanitaire, le département pensait en effet passer entre les gouttes. Mais plusieurs facteurs ont fait pencher la balance du mauvais côté. Le taux d’incidence tout d’abord avec un plafond pour instaurer le couvre-feu qui a été abaissé à 150 cas pour 100.000 habitants, contre 250 cas auparavant.

Or ce taux est aujourd’hui de 183 cas dans la métropole rennaise et de 191,5 cas en Ille-et-Vilaine. S’il se stabilise dans la capitale bretonne, il a littéralement explosé partout ailleurs dans le département. Dans certaines communautés de communes comme à Vitré ou Fougères, il approche ainsi les 257 cas et atteint même les 376 cas dans le secteur très rural du Couesnon. « Tous les types de territoires sont désormais concernés par cette épidémie avec une situation qui ne cesse de s’aggraver depuis la fin août », a souligné la préfète Michèle Kirry ce vendredi après-midi.

« Eviter que la situation ne devienne hors de contrôle »

Le taux de positivité des tests a également bondi depuis la fin de l’été. Le 20 août, il n’était que de 1,20 % en Ille-et-Vilaine. Il est aujourd’hui de 11,95 % dans le département et grimpe même à 13,41 % pour les personnes de plus de 66 ans. Les hôpitaux commencent enfin à sentir la pression épidémique avec 112 patients hospitalisés dont huit en réanimation. « Le taux d’occupation des lits en réanimation est actuellement de 89 %, dont 20 % de patients Covid-19 », a précisé Anne-Briac Bili, directrice de cabinet de l’Agence régionale de santé en Bretagne.

Autant de facteurs qui ont donc entraîné le basculement de l’Ille-et-Vilaine sous le régime du couvre-feu. « Le choc est rude, a concédé la préfète. Mais l’une des clés est justement de s’adapter suffisamment tôt pour éviter que la situation ne devienne hors de contrôle ». Un message qui aura du mal à passer auprès des restaurateurs et des patrons de bars. A l’appel du collectif On va tous trinquer, ils se sont rassemblés ce vendredi matin devant les grilles de la préfecture pour un concert de casseroles. « Alors que les discussions avec les autorités nous faisaient espérer un assouplissement sous quinzaine, nous nous sentons trahis », dénoncent-ils.

5.000 supporters au Roazhon Park juste avant le couvre-feu

Juste avant l'entrée en vigueur du couvre-feu, le Roazhon Park pourra accueillir 5.000 spectateurs pour la réception d’Angers ce vendredi soir à 21h. « Nous avons demandé de répartir ces 5.000 spectateurs dans quatre tribunes », a déclaré la préfète Michèle Kirry. Au coup de sifflet final, les supporters rennais auront ensuite une heure pour rentrer chez eux, sous peine d'une amende de 135 euros. Pour les prochains matchs, la jauge sera ensuite réduite à 1.000 spectateurs jusqu’à nouvel ordre.