Coronavirus à Lyon : Transferts de patients en Nouvelle-Aquitaine, déprogrammation… Comment décharger la réa ?

EPIDEMIE Face à la forte progression de l'épidémie en Auvergne Rhône-Alpes, l'Agence régionale de santé a pris diverses mesures pour décharger les hôpitaux sous tension, du Rhône et de la Loire principalement

Elisa Frisullo

— 

Dans un service de réanimation. Illustration
Dans un service de réanimation. Illustration — Eric Dessons/JDD/SIPA
  • Dans la Loire et le Rhône, où l’épidémie est plus marquée, les services de réanimation commencent à être surchargés.
  • L’ARS a demandé aux établissements hospitaliers de toute la grande région de déprogrammer les activités non urgentes.
  • Des transferts de patients vers la Nouvelle-Aquitaine sont organisés par avions, dès ce vendredi.

Depuis le début du mois d’octobre, tous les indicateurs de suivi du coronavirus s’envolent en Auvergne Rhône-Alpes, l’une des quatre régions où les services hospitaliers commencent à être surchargés. Comme en Paca, dans les Hauts-de-France et en Ile de France, la barre des 50 % des lits de réanimation occupés par des patients Covid + a été franchie, a indiqué jeudi soir le Premier ministre Jean Castex.

Face à cette situation inquiétante pour les établissements hospitaliers, qui, en plus de l’épidémie de Covid-19, ont à faire face à d’autres pathologies courantes ou opératoires, l'Agence régionale de santé a annoncé ce vendredi diverses mesures pour décharger les services déjà au bord de l’asphyxie, dans le Rhône et la Loire principalement. « J’ai demandé aux établissements hospitaliers de toute la région de déprogrammer les activités ou interventions qui peuvent l’être sans remettre en cause le pronostic du patient », a indiqué ce vendredi le directeur général de l’ARS Aura Jean-Yves Grall.

Les urgences, les opérations ne pouvant pas être différées, la pédiatrie, les consultations liées à des pathologies chroniques, les greffes et la cancérologie ne sont pas concernées, précise l’ARS. Dans les hôpitaux sous tension, la déprogrammation des activités non urgentes permet de mobiliser du personnel soignant dans les services où il y en a le plus besoin, en réanimation notamment.

Premiers transferts interrégionaux

En raison de la forte occupation des lits de réanimation dans le Rhône, la Loire, et l’Isère dans une moindre mesure, des transferts de patients vers des départements de la région moins touchés pour l’heure par l’épidémie, ont été organisés. « Entre le 13 et le 19 octobre, 16 patients ont ainsi été transférés pour soulager les équipes soignantes du Rhône et de la Loire », ajoute le directeur.

Dans les prochaines heures, huit autres malades du Covid, actuellement pris en charge à Lyon, Villeurbanne (médipole) et Saint-Etienne, vont être transférés en avions sanitaires dans des hôpitaux de Bordeaux, Poitiers et Brive, précise l’ARS. « Les capacités actuelles de réanimation de la région Nouvelle-Aquitaine lui permettent de réaliser cet accueil en toute sécurité », assurent les autorités sanitaires.

Tous les départements concernés, sauf le Cantal et l’Allier

Ces mesures se sont imposées face à « l’augmentation considérable » des indicateurs épidémiques en Auvergne Rhône-Alpes observée depuis début octobre. A l’exception du Cantal et de l’Allier, tous les départements sont confrontés à une résurgence de l’épidémie, nettement plus forte dans les métropoles de Lyon, Saint-Etienne et Grenoble. Les taux d’incidence du virus pour 100.000 habitants s’y établissent respectivement à plus de 800 cas, 640 cas et 550 cas (contre 251 au niveau national).

Dans la Loire, 462 personnes sont hospitalisées à ce jour, dont 59 personnes en réanimation, et dans le Rhône, 907 patients Covid + sont pris en charge, dont 148 en réanimation. Le CHU de Lyon indiquait mardi que plus de 94 % de ses lits de réa étaient occupés, par des patients Covid + dans 45 % des cas.