Vaccin contre la grippe : Bonne élève, la Bretagne veut encore mieux faire pour éviter la double vague

SANTE En pleine épidémie de coronavirus, les autorités sanitaires appellent les personnes à risque et le personnel soignant à aller se faire vacciner

Jérôme Gicquel

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Illustration d'une personne se faisant vacciner contre la grippe.
Illustration d'une personne se faisant vacciner contre la grippe. — Ludovic Marin / AFP
  • La Bretagne affiche le meilleur taux de couverture vaccinale contre la grippe de France avec un taux de 52,1 %.
  • En pleine épidémie de Covid-19, les autorités sanitaires veulent encore faire mieux et espèrent vacciner 75 % de la population à risque.
  • Pas forcément exemplaires, les professionnels de santé sont également invités à aller se faire vacciner.

En pleine épidémie de coronavirus, c’est dans un contexte bien particulier que la campagne annuelle de vaccination contre la grippe a démarré le 13 octobre. Pour les autorités sanitaires, l’enjeu est d’autant plus crucial cette année. « Chaque hiver, la grippe met déjà sous tension le système de santé, souligne Gaspard Lallich, directeur adjoint de la Caisse primaire d’assurance maladie du Morbihan. Il faut donc tout mettre en œuvre pour éviter d’être confronté à une double vague épidémique et préserver nos capacités hospitalières ».

Si les gestes barrières contre le Covid-19 devraient permettre de freiner un peu la grippe, ils ne suffiront pas pour lutter contre ce virus responsable de 10.000 morts environ chaque année en France. D’où la nécessité pour les personnes les plus fragiles (personnes de plus de 65 ans ou souffrant de pathologies chroniques, femmes enceintes…) de se faire vacciner. Elles ont été identifiées au nombre de 725.896 en Bretagne, toutes ayant reçu un bon pour une prise en charge à 100 %.

En la matière, la région est d’ailleurs bonne élève puisqu’elle affiche le meilleur taux de couverture vaccinale contre la grippe de France avec un taux de 52,1 %, contre 47,8 % au niveau national. « Mais il reste encore des efforts à faire pour atteindre l’objectif des 75 % que nous nous sommes fixés », concède Gaspard Lallich.

« Pas de stock » pour vacciner tout le monde

Pour ce faire, les autorités ne cessent de marteler chaque année le même message de prévention. Un message qui semble trouver une résonance particulière en ces temps de Covid-19. « La campagne de vaccination a démarré très fort, souligne Anne Le Bris, sage-femme près de Rennes et secrétaire adjointe de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) de Bretagne. On sent vraiment que les patients sont motivés pour se faire vacciner cette année ».

Face à cet engouement, les autorités mettent d’ailleurs en garde. « Il n’y a pas de stock pour vacciner toute la population française, prévient Gaspard Lallich. La priorité est vraiment donnée pour le moment aux personnes à risque ».

Le syndrome du cordonnier pour les professionnels de santé

Ils savent mieux que quiconque l’importance de se faire vacciner contre la grippe. Mais les professionnels ne sont pourtant pas exemplaires en la matière. Moins d’un sur deux se fait ainsi vacciner contre la grippe chaque année, avec de très fortes disparités suivant les métiers. En Bretagne, environ 70 % des médecins généralistes se font ainsi vacciner. Mais le taux descend à 37 % pour les infirmiers et même à 14 % pour les médecins spécialisés. « Cela progresse chaque année mais on se doit à l’avenir d’être exemplaire », assure Olivier Dartois, président de l’URPS des masseurs-kinésithérapeutes de Bretagne.