Coronavirus à Lyon : « On refuse de revivre le bricolage de la première vague »… Des services de réanimation en grève

MOBILISATION DES SOIGNANTS La CGT des HCL a appelé à la grève lundi dans les services de réanimation pour dénoncer le manque de moyens matériels et humains

Jérémy Laugier

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Photo d'illustration de l'hôpital de la Croix-Rousse à Lyon, en septembre.
Photo d'illustration de l'hôpital de la Croix-Rousse à Lyon, en septembre. — JEFF PACHOUD / AFP
  • Un préavis de grève a été déposé par les personnels de réanimation des Hospices civils de Lyon ce lundi.
  • La CGT Santé demande notamment « plus d’effectifs de façon pérenne », afin de résister au mieux à la crise sanitaire actuelle. Estimant avoir « suffisamment mis la pression » à sa direction et au vu de « l’urgence sanitaire », le syndicat annonce ce lundi soir suspendre cette grève.
  • « Nous sommes sur les rotules avant même de démarrer cette seconde vague de Covid-19 », confie un infirmier en réanimation à l’hôpital Lyon Sud.

La CGT des Hospices civils de Lyon « espérait avoir été entendue », lors de sa rencontre « positive » vendredi avec la direction générale des HCL. Mais « un communiqué évasif et administratif » de cette dernière n’a pas répondu aux attentes des services de réanimation et des soins critiques des HCL, qui ont dans la foulée maintenu leur préavis de grève ce lundi. « Il n’est pas du tout question de revendications salariales dans cette grève, qui est un appel de détresse », indique Benjamin Berthet, infirmier en réanimation à l'hôpital Lyon Sud.

Les principales demandes de la CGT Santé vont vers « plus d’effectifs de façon pérenne », « pas de suspension des congés en novembre et décembre » et « l’investissement dans l’achat de pousse-seringues et autres matériels fortement utilisés ». Selon Benjamin Berthet, « les soignants sont à bout » dans le deuxième CHU français : « On refuse de revivre le bricolage de la première vague de Covid-19. La probabilité d’une deuxième vague aurait dû être anticipée, au lieu de quoi 35 nouveaux diplômés sont seulement recrutés en ce moment, à l’arrach', comme infirmiers et aides-soignants, afin de renforcer Lyon Sud durant quelques mois. »

Une grève suspendue lundi soir

Dans cet hôpital situé à Pierre-Bénite (Rhône), un deuxième service (sur trois au total) de réanimation dédié aux patients touchés par le coronavirus vient d’être ouvert et les neuf nouveaux lits se sont remplis en une semaine. Dans cette zone en « alerte maximale », les HCL réfléchissent actuellement à l’ouverture d’un quatrième service de réanimation dans les locaux de Lyon Sud.

« La direction sait qu’elle a tout intérêt à être à notre écoute tellement la situation est tendue, confie Benjamin Berthet. Mais il faut toujours aller mendier pour obtenir du matériel. » En fin de journée ce lundi, la CGT a suspendu cette grève, estimant « avoir suffisamment mis la pression » à sa direction : « Un état des lieux du matériel manquant doit vite être effectué puis comblé dans les prochains jours. Au vu de la dégradation de l’urgence sanitaire, il faut qu’on se concentre pleinement sur nos patients ».

« Non, M.Macron, ce n’est pas une question d’organisation mais de moyens »

Cette grève était avant tout « symbolique », puisque les soignants y prenant part (une quarantaine de personnes rien qu’à Lyon Sud) ont simplement porté un brassard et n’ont pas délaissé leur poste, ce lundi, au vu de la situation d’urgence.

« Nous sommes sur les rotules avant même de démarrer cette seconde vague, prévient l’infirmier en réanimation à Lyon Sud. Des grèves éclatent un peu de partout. On adore notre métier mais j’ai vraiment peur pour l’avenir. Car non, Monsieur Macron, ce n’est pas une question d’organisation mais de moyens. »