Coronavirus : Salivaires, antigéniques, PCR... Quels sont les types de tests et à quoi servent-ils ?

EPIDEMIE Vous vous y perdez parmi tous les tests différents pour dénicher le Covid (ou des anticorps !) ? « 20 Minutes » vous fait un point précis

Rachel Garrat-Valcarcel

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A un centre de dépistage à ciel ouvert à Toulouse, fin septembre.
A un centre de dépistage à ciel ouvert à Toulouse, fin septembre. — FRED SCHEIBER/SIPA

« Tester, tester, tester », avait dit, dès le mois de mars, l’OMS, pour lutter contre le nouveau coronavirus. Oui mais des tests, il y en a plein de différents désormais, qui n’ont pas tous le même but et ne fonctionnent pas tous de la même manière. 20 Minutes vous fait une revue de détails sur les différents tests dont Emmanuel Macron a parlé lors de son intervention télévisée de mercredi soir.

Les tests RT-PCR « classiques »

Dit « PCR » souvent dans les médias. C’est le plus connu, sans doute celui que vous avez subi si vous avez dû vous faire tester au moins une fois depuis le début de la crise sanitaire. Depuis le début, il est réalisé grâce à un « gros coton-tige », un écouvillon, enfoncé loin dans le nez (on parle de prélèvement naso-pharyngé). Depuis quelques semaines seulement, il peut être aussi pratiqué dans la gorge (oro-pharyngé). Il fait partie des tests qui jugent de votre contamination à l’instant où il est réalisé. Son gros avantage est qu’il est très fiable, puisqu’il détecte le matériel génétique du virus.

Le problème est que pour révéler leurs verdicts, les écouvillons doivent être analysés en laboratoires, avec des machines rares et coûteuses. En effet, révéler l’ADN du virus demande plusieurs longues étapes. Ce long décryptage nécessaire est une des raisons de l’embolie du système de dépistage et, parfois, des retards dans la délivrance des résultats. Côté remboursement, d’après l’Assurance maladie, depuis fin juillet, toute personne qui se présente dans un laboratoire, même sans symptômes, même sans ordonnance, peut se faire tester gratuitement (ou se faire rembourser si elle n’a pas le tiers payant).

Les tests antigéniques

C’est la nouveauté d’octobre. Au début du mois, la Haute Autorité de santé a autorisé l’utilisation de ce nouveau type de tests. Ici aussi il s’agit de détecter une charge finale, donc si vous êtes actuellement malade, même sans symptômes. Pour le ou la patiente lambda, il n’y a pas de différence avec le test précédent : les tests antigéniques sont réalisés à partir de prélèvements dans les narines, par écouvillon. Le grand avantage de ces nouveaux tests, c’est qu’ils sont beaucoup plus rapides que les autres. Pourquoi ? Parce que les tests antigéniques ne nécessitent pas d’analyses en laboratoire : ils ne détectent pas les molécules du virus mais ses protéines.

Un peu comme pour un test de grossesse grand public, il s’agit d’observer une réaction chimique sur une bandelette. Problème : ces tests sont un peu moins fiables que les RT-PCR, néanmoins on peut obtenir des résultats en trente minutes, ce qui élimine le temps de latence de parfois plusieurs jours observés avec les RT-PCR. Un temps de latence très préjudiciable pour éviter les transmissions. Autre avantage non négligeable, ce type de test peut facilement être réalisé chez son médecin ou même en pharmacie. La politique de remboursement est identique que pour les RT-PCR « classiques ».

Les tests salivaires

En réalité, c’est aussi un test RT-PCR, car on cherche l’ADN du coronavirus. Mais l’imaginaire collectif a désormais associé « PCR » et « gros coton-tige ». Sur le fonctionnement, il est donc à peu près identique et on cherche là aussi à détecter si vous êtes malade au moment du test. Son gros avantage est bien sûr qu’il fait moins « peur » aux patients et patientes que le prélèvement naso-pharyngé. Côté « testeur », il ne demande pas non plus le doigté et la formation nécessaires à un test avec écouvillon. Ici, le prélèvement se fait grâce à un crachat ou par « pipetage » de la salive.

Le problème, c’est qu’ils sont moins fiables que les tests RT-PCR « classiques ». Du coup, la Haute autorité de santé, qui a tout de même donné l’autorisation pour ses tests, indique qu’ils sont plutôt réservés à des populations sur lesquelles il est plus difficile de pratiquer le test avec écouvillon (les enfants, les personnes âgées) mais surtout sur les personnes symptomatiques. Elles ont en effet une charge virale suffisante pour être détectée, sur les personnes asymptomatiques en revanche, les résultats sont vraiment moins fiables. Là aussi, le même remboursement que pour les tests RT-PCR « classique » est prévu.

Les tests sérologiques

Il s’agit l’un prélèvement sanguin, par prise de sang ou par une goutte de sang prélevée sur le bout du doigt. Surprise, ce sont aussi des tests RT-PCR mais nous sommes ici sur un tout autre type de test. On ne cherche plus le virus, mais les anticorps fabriqués pour lutter contre le Covid-19. Si on en trouve, vous avez récemment été en contact avec le virus -malade ou de manière asymptomatique. Le problème c’est qu’on a encore un peu de mal à savoir combien de temps dure la période d’immunité après qu’une personne a été infectée. Si votre test sérologique fait aujourd’hui est négatif, rien ne nous dit que vous n’avez pas été malade au début de la crise sanitaire, par exemple.

Il y a deux familles de tests sérologiques : les tests dits « automatisables », qui ne peuvent être faits que dans un laboratoire d’analyse médicale (en ville ou à l’hôpital) à l’aide d’une prise de sang. Il pourra détecter les différents types d’anticorps produits par l’organisme pour lutter contre le Covid-19. Le résultat tombe en quelques heures. Celui-ci est remboursé par la Sécurité sociale, sur prescription.

Les tests « unitaires » nécessitent une simple goutte de sang et leur résultat est immédiat. Il vous dira simplement si, oui ou non, vous avez des anticorps liés au coronavirus (et encore, s’il y en a assez). Mais il y a trois variantes : le TDR (test de diagnostic rapide), fait en laboratoire et pris en charge par la Sécu ; le Trod (test rapide d’orientation diagnostique), qui peut être fait par un professionnel de santé non-biologiste mais qui n’est pas pris en charge ; et puis les auto-tests, que l’on peut acheter à ses frais en pharmacie et faire soi-même… qui ne sont néanmoins pas les plus fiables.