Un vaccin contre la grippe au Lehigh Valley Hospital, aux Etats-Unis, le 25 septembre.
Un vaccin contre la grippe au Lehigh Valley Hospital, aux Etats-Unis, le 25 septembre. — Warren Ruda/AP/SIPA

FAKE OFF

Non, une « circulaire » n'interdit pas aux pharmaciens de vendre le vaccin contre la grippe aux personnes qui ne sont pas à risque

Mathilde Cousin

Les officines sont incitées, dans un premier temps, à ne délivrer le vaccin qu’aux personnes à risque. Une recommandation qui a pu jeter la confusion chez les personnes désireuses de se faire vacciner

  • La campagne de vaccination contre la grippe vient de débuter, dans un contexte marqué par la pandémie de Covid-19.
  • La Haute Autorité de santé et le ministère de la Santé incitent les pharmaciens à privilégier dans un premier temps la vaccination des personnes à risque.
  • Les personnes ne figurant pas sur cette liste sont invitées à se faire vacciner à partir de « début décembre ».

Les pharmaciens sont-ils autorisés à délivrer actuellement le vaccin contre la grippe aux personnes qui ne sont pas considérées comme à risque ? Sur les réseaux sociaux, des internautes avancent, à tort, qu’une « circulaire » interdirait aux officines de vendre le vaccin aux personnes non prioritaires. 20 Minutes fait le point sur cette affirmation.

FAKE OFF

Une telle circulaire existe-t-elle ? Non, répondent à 20 Minutes Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats des pharmaciens d’officine (USPO), et Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF). « Est-ce que la prioritarisation va jusqu’à l’interdiction ? Ce n’est pas le cas », lance Gilles Bonnefond.

Les pharmaciens sont en effet fortement incités à ne délivrer le vaccin dans un premier temps qu’aux personnes fragiles.

« La Haute autorité de santé recommande, compte tenu de l’état des stocks et des priorités, de prioriser la vaccination aux personnes fragiles », rappelle Philippe Besset. Cette recommandation a été suivie par le ministère de la Santé*, qui invite à différer la vaccination à « début décembre » si on ne fait pas partie des personnes fragiles.

Les personnes considérées à risque sont les plus de 65 ans, les femmes enceintes, les personnes obèses, l’entourage des personnes immuno déprimées et des nourrissons de moins de six mois à risque de grippe grave, ainsi que les adultes et enfants souffrant de pathologies chroniques. Les professionnels de santé sont également invités à se faire vacciner dès maintenant.

Le 20 août, le directeur général de la Santé avait formulé les mêmes recommandations à l’ordre des pharmaciens. L’objectif est d’obtenir 75 % de couverture vaccinale de ces populations fragiles, alors que « l’année dernière, le taux de couverture vaccinale de la population ciblée par ces recommandations n’était que de 47,8 % », rappellent le ministère et l’Assurance maladie. Ce chiffre pourrait être dépassé cette année, à en croire la forte demande dans les pharmacies. « Hier [mardi], cela a été une journée de grosse vaccination, aujourd’hui aussi », lance Gilles Bonnefond. Une observation également faite par Philippe Besset. Pour faire face à la demande, le ministère a commandé 30 % de doses de vaccins supplémentaires.

Une estimation « au cas par cas »

Que faire si vous ne faites pas partie de la liste des personnes à risque et que vous souhaitez obtenir le vaccin avant le 1er décembre ? « C’est toute la joie et la beauté de la médecine, il faut que nous jugions au cas par cas », confie Philippe Besset, qui explique évaluer la situation de chaque personne non à risque avant de délivrer le vaccin.

Les pharmaciens n’ont, en revanche, pas le droit de vacciner les adultes qui ne sont pas considérés comme à risque, comme ils le réclament. C’est leur médecin qui doit procéder à l’injection. Ces personnes ne représentent pas toutefois l’essentiel des personnes qui se faisaient vacciner les années précédentes, nuance Gilles Bonnefond. Seuls « 10 % » des vaccinés venaient de cette population non cible, souligne-t-il.

*Le ministère de la Santé n’a pas donné suite à nos sollicitations sur ce sujet.