Royaume-Uni : Boris Johnson ferme les pubs de Liverpool et rouvre des hôpitaux de campagne

CORONAVIRUS Le nouveau coronavirus revient en force et menace de déborder les services de santé britanniques

20 Minutes avec AFP

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En mars dernier déjà, Boris Johnson avait ordonné la fermeture des pubs et des restaurants à travers le pays à minuit pour lutter contre la pandémie de coronavirus
En mars dernier déjà, Boris Johnson avait ordonné la fermeture des pubs et des restaurants à travers le pays à minuit pour lutter contre la pandémie de coronavirus — Paul Greenwood/REX/SIPA

Afin d'« écraser partout où il apparaît » le Covid-19, le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé lundi fermer les pubs à Liverpool et réactiver trois hôpitaux de campagne mis en place au printemps. Le risque d’un débordement des services de santé se fait sentir dans le pays avec le retour en force du virus.

Avec plus de 42.800 morts, soit le plus haut niveau de mortalité en Europe, et près de 618.000 cas positifs, le Royaume-Uni est confronté à une nouvelle vague de contaminations touchant maintenant l’ensemble de son territoire et toutes ses classes d’âge. « Ces chiffres clignotent comme des avertissements sur le tableau de bord d’un avion. Nous devons agir maintenant », a déclaré lundi soir aux Britanniques Boris Johnson en annonçant une version simplifiée et unifiée des restrictions locales imposées ces dernières semaines, qui visent à éviter un confinement général.

Un nouveau système d’alerte à trois niveaux

Alors que celles-ci concernent désormais le quart de la population britannique, surtout dans le Nord, la diversité des restrictions d’une région à l’autre les rendaient pour certains illisibles. C’est pourquoi le Premier ministre a annoncé lundi, devant les députés puis devant la nation, un nouveau système d’alerte à trois niveaux – « moyen », « élevé » et « très élevé »- censé simplifier à partir de mercredi le patchwork actuel de restrictions pour l’Angleterre seule, les autres nations étant compétentes pour appliquer leur propre dispositif.

Le premier niveau correspond aux mesures valables pour toute l’Angleterre : rassemblements limités à six personnes et fermeture à 22 heures pour les pubs et restaurants. A « élevé », dans les zones actuellement sous restrictions locales, les réunions entre différents ménages seront proscrites à l’intérieur. Dans les régions au niveau « très élevé » des mesures supplémentaires seront appliquées avec le soutien des autorités locales, soutenues si besoin par l’armée.

« Ce n’est pas comme cela que nous voulons vivre »

Dans la région de Liverpool qui compte près de 1,5 million de personnes, dans le nord-ouest, un accord a été trouvé pour fermer les pubs, bars, salles de gym et casinos, tandis que des discussions sont en cours avec les élus d’autres zones du nord de l’Angleterre.

« Je sais combien c’est difficile mais nous ne pouvons pas laisser tomber le Service national de santé quand des vies sont en jeu », a plaidé le Premier ministre devant les députés, confronté à la grogne d’une partie de son camp opposé à des mesures trop restrictives, difficiles économiquement. « Ce n’est pas comme cela que nous voulons vivre, mais c’est le chemin étroit que nous devons tracer entre les dégâts socio-économiques d’un confinement complet et le coût économique d’une épidémie hors de contrôle », a-t-il justifié.

Le nombre d’hospitalisées supérieur à ce qu’il était lors du confinement

Les autorités sanitaires ont mis en garde sur la situation préoccupante dans les hôpitaux. Le nombre de personnes hospitalisées avec le Covid-19 en Angleterre est désormais supérieur à ce qu’il était lorsque le confinement a été décrété fin mars. Dans les régions les plus touchées, les services hospitaliers qui ne sont pas directement chargés de l’épidémie commencent à voir leur fonctionnement affecté.

Pour aider le système de santé, trois des vastes hôpitaux de campagne mis en place en catastrophe au printemps, et depuis mis en pause, ont reçu l’instruction « de se mobiliser pendant les prochaines semaines pour être prêts à accueillir des patients si nécessaire », a annoncé le directeur médical du service de santé pour l’Angleterre Stephen Powis. Ces établissements sont situés dans le Nord, mais d’autres pourraient suivre.