Coronavirus : Miser sur l’immunité collective en laissant le Covid-19 circuler « n’est pas une option », selon l’OMS

CONTAMINATION Les oreilles des Suédois doivent siffler

J.-L.D. avec AFP

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Un métro plutôt rempli, illustration
Un métro plutôt rempli, illustration — Lionel Urman/Sipa USA/SIPA

Si vous craignez fort la seconde vague, mais que vous vous dites « Bon au moins après ça, on sera tous contaminés et immunisés collectivement », votre lundi soir risque d’être plus déprimant encore que prévu :​ L’OMS a jugé ce lundi inenvisageable de laisser le Covid-19 circuler librement dans la société pour que la population accède, comme certains l’ont suggéré, à l’immunité collective.

« Jamais dans l’histoire de la santé publique, l’immunité collective n’a été utilisée comme stratégie pour répondre à une épidémie, et encore moins à une pandémie. C’est scientifiquement et éthiquement problématique », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse.

Moins de 10 % de la population infectée dans la plupart des pays

« Laisser libre cours à un virus dangereux, dont nous ne comprenons pas tout, est tout simplement contraire à l’éthique. Ce n’est pas une option », a-t-il insisté. La pandémie du nouveau coronavirus a fait plus d’un million de morts dans le monde depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre.

« La grande majorité des personnes dans la plupart des pays sont susceptibles de contracter ce virus. Les enquêtes de séroprévalence suggèrent que dans la plupart des pays, moins de 10 % de la population a été infectée », a détaillé Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Le concept d’immunité collective valable qu’en cas de vaccination

Il a également expliqué que le monde n’en savait pas assez sur l’immunité dont jouissent les personnes ayant contracté le Covid-19, en soulignant que certains individus ont nouvellement été infectés. « La plupart des personnes infectées par le virus développent une réponse immunitaire au cours des premières semaines, mais nous ne savons pas si cette réponse est forte ou durable, ni si elle diffère d’une personne à l’autre », a-t-il expliqué.

Il a souligné que le concept d’immunité collective est utilisé dans les campagnes de vaccination et il a rappelé que pour la variole il faut que 95 % de la population soit vaccinée pour que les 5 % restant soient protégés. Pour la polio ce taux est de 80 %.