Coronavirus : Incidence, décès, clusters… Quatre informations clés du dernier bulletin épidémiologique hebdomadaire

EPIDEMIE Le dernier point épidémiologique de Santé Publique France sur le Covid-19 dévoile une augmentation des hospitalisations, des entrées en réanimation et des décès

Oihana Gabriel

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Illustration d'une unité de réanimation à l'hôpital Pellegrin à Bordeaux.
Illustration d'une unité de réanimation à l'hôpital Pellegrin à Bordeaux. — UGO AMEZ/SIPA
  • Chaque jeudi soir, l'agence Santé Publique France dévoile les données épidémiologiques sur le Covid-19 dans le pays. 
  • Le dernier point met en évidence une augmentation des hospitalisations (+15%), des entrées en réanimation (+31%) et des décès (+31%).
  • Il donne également des informations précises sur les clusters en milieu scolaire notamment. 

Les chiffres scrutés à la loupe. Alors que la deuxième vague de coronavirus déferle sur l’ensemble du pays et qu’ Olivier Véran a annoncé jeudi que Lille, Lyon, Grenoble, Toulouse, Saint-Etienne et Paris pourraient basculer prochainement en zone « d’alerte maximale », Santé Publique France vient de publier son bulletin épidémiologique hebdomadaire concernant le Covid-19. Des chiffres arrêtés au mercredi 29 septembre et qui restent à consolider. Mais qui laissent à penser que, même si l’incidence stagne, les hospitalisations et décès ont augmenté au cours de la semaine écoulé. 20 Minutes vous en résume les principaux enseignements en quatre points.

  • Le nombre de cas reste stable, mais les plus âgés sont plus touchés

Le taux d’incidence en France métropolitaine est resté stable avec 104 cas pour 100.000 habitants (contre 110 la semaine dernière). Mais en se penchant sur les données par âge, les prévisions inquiétantes se confirment : aujourd’hui, les personnes testées positives sont plus âgées qu’il y a quelques semaines. Au cours de la semaine écoulée, « le taux d’incidence a diminué chez les 0-14 ans et les 15-44 ans. Ce taux était stable chez les 45-64 ans et les 75 ans et plus, et a uniquement augmenté chez les 65-74 ans (+6 %) », précise le communiqué. « Le nombre de cas hebdomadaire a été multiplié par 4,3 pour les 65-74 ans depuis la mi-août, explique Sophie Vaux, pharmacienne épidémiologiste à Santé Publique France. Pour l’instant, le virus continue à se diffuser dans ces populations à risque, ce qui est un signe d’inquiétude. »

Quant au taux de positivité, il continue d’augmenter : il est de 7,6 % contre 6,4 % début septembre. « Parmi l’ensemble des personnes testées [fin septembre] (quel que soit le résultat du test), 65 % se déclaraient sans symptôme », précise le bulletin.

« On est un peu dans un entre-deux, analyse Daniel Lévy-Bruhl, responsable de l’unité des infections respiratoires de Santé Publique France. On n’est plus dans une augmentation de l’incidence, mais on veut rester prudent avant d’afficher un message optimiste. On reste inquiet des conséquences hospitalières sur ce qui s’est passé ces dernières semaines. »

  • Les entrées en réanimation et les décès augmentent de 31 %

En effet, les chiffres n’ont rien de rassurant. Les hospitalisations pour le Covid-19 continuent à augmenter avec 4.204 nouvelles admissions, en augmentation de + 15 %. « Avec des taux d’hospitalisation les plus élevés en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Ile-de-France, Rhône-Alpes et Hauts de France », insiste Sophie Vaux. « Depuis deux ou trois semaines, un tiers des hospitalisations concernent l’Ile-de-France », ajoute Patrick Rolland, épidémiologiste à l’autorité de santé. Plus inquiétant, le pays compte 786 nouvelles admissions en réanimation de patients Covid-19 au cours de la semaine écoulées, soit +31 %. Exactement la même augmentation que les décès : 436 personnes sont mortes du Covid, contre 332 la semaine dernière.

En revanche, pour la première semaine depuis juillet, les passages aux urgences pour suspicion de Covid-19 étaient en baisse de 23 %, tous âges confondus.

  • Où sont les principaux clusters ?

Parmi les 2.830 clusters recensés, les entreprises hors établissements de santé restent « parmi les types de collectivités les plus représentées pour la survenue de clusters (25 %), puis le milieu scolaire et universitaire (20 %) et le milieu familial élargi et les événements publics/privés rassemblant de manière temporaire des personnes (18 %) », avant les établissements hospitaliers (11 %), précise le point épidémiologique. Sachant que les clusters qui surviennent dans les restaurants et bars sont classés dans les entreprises quand ce sont les salariés qui sont infectés, mais dans les « événements publics/privés » quand les consommateurs sont testés positifs. « Un rapide screening nous permet de dire que sur les 300 clusters dans les rassemblements publics et privés repérés depuis mai, une dizaine a été identifiée parmi la population dans les bars », souligne Patrick Rolland, de Santé Publique France.

Deuxième donnée intéressante : les clusters en milieu scolaire sont détaillés. En effet, 80% de ces nombreux clusters ont été repérés dans le secondaire et le milieu universitaire. Ainsi, 33 % ont lieu à l’université, 45,7 % dans l’enseignement secondaire, 14,3 % dans le primaire et 6 % en maternelle. Ce qui colle avec l’idée que les enfants de moins de 12 ans sont peu contaminateurs.

  • Les délais pour le dépistage augmentent pour les symptomatiques

Le délai moyen parmi les cas symptomatiques entre les premiers symptômes et la date de prélèvement pour dépistage par test PCR s’allonge, passant de 3 à 3,3 jours. Alors qu’Olivier Véran assurait jeudi soir que le délai pour obtenir les résultats s’était réduit à 48 h… « Ce délai de 3,3 jours dépend de la promptitude pour ceux qui ont des symptômes d’aller se faire dépister », précise Alexandra Mailles, épidémiologiste au sein de Santé Publique France. Il ne comprend donc pas l’attente, ensuite, avant d’obtenir le résultat du test.

Un téléservice pour les arrêts de travail

Pour faciliter le travail de l’Assurance maladie et encourager l’isolement des asymptomatiques et cas contacts, elle ouvre, dès ce vendredi 3 octobre, un nouveau téléservice, sur ce site, consultable depuis un smartphone. Objectif ? Permettre aux personnes de demander un arrêt de travail en ligne. A condition que l’Assurance Maladie ait contacté cette personne pour l’inviter à s’isoler et à réaliser un test, après un contact à risque avec une personne testée positive au coronavirus.