Coronavirus à Toulouse : Avec un taux d'incidence dix fois supérieur au seuil d'alerte, les jeunes touchés de plein fouet

EPIDEMIE Le taux d’incidence chez les 20-30 ans est de 564,6 cas positifs pour 100.000 habitants, contre 218,8 cas en moyenne pour la métropole

Béatrice Colin

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Une Toulousaine masquée sur le place du Capitole.
Une Toulousaine masquée sur le place du Capitole. — F. Scheiber - Sipa
  • Vendredi, le préfet a pris de nouvelles mesures de restriction, notamment la fermeture de bars à 22 h et l’interdiction des soirées étudiantes dans des lieux accueillant du public.
  • Ces mesures font écho aux taux d’incidence : si la métropole compte 218,8 cas positifs pour 100.000 habitants et la ville de Toulouse 330,6 cas, il atteint 564,6 cas pour la tranche des 20/30 ans en Haute-Garonne.
  • Pour les jeunes c’est dix fois plus que le seuil d’alerte.

Les soirées étudiantes XXL dans des salles louées à cet effet, c’est terminé. A compter de lundi, le préfet de la Haute-Garonne a décidé de limiter ces rassemblements festifs sur l’ensemble du département afin d’éviter la propagation du Covid-19. Si fiesta il y a, elle ne pourra pas dépasser les 30 personnes dans le département. Et pas la peine d’essayer de se rabattre sur un bar, ils ferment désormais à 22 h à compter de ce lundi.

Pour la quatrième ville de France et ses plus de 100.000 étudiants, c’est une décision radicale. Ces mesures font écho à la hausse de la circulation du virus sur l’agglomération toulousaine, en particulier depuis la rentrée universitaire.

A l’Université Toulouse 1-Capitole, avec la découverte de nombreux cas positifs et alors que les amphis affichent complets avec l’arrivée d’un grand nombre de néobacheliers, les cours de certaines formations se font désormais en distanciel. Des clusters géants ont aussi vu le jour au sein de certaines écoles, comme à l’Icam ou encore à l'Insa qui a recensé des dizaines de cas positifs dans ses rangs, son directeur fustigeant le comportement irresponsable de ses étudiants mais aussi des patrons de bar.

Et les chiffres sont parlants. C’est en effet au sein des moins de 30 ans que le virus circule le plus. Entre le 16 et le 22 septembre, les indicateurs font état d’un taux d’incidence pour la métropole de 218,8 cas positifs pour 100.000 habitants et de 330,6 cas pour la ville de Toulouse. Il atteint le chiffre de 564,6 cas pour la tranche des 20-30 ans en Haute-Garonne, soit plus de dix fois le seuil d’alerte et presque le triple de début septembre qui était de 197 cas positifs pour 100.000 habitants.

« Les 20-30 ans représentaient toujours la part la plus élevé des cas positifs testés par RT-PCR (30,0 %), suivis des 10-20 ans (19,2 %). Les augmentations les plus élevées des indicateurs étaient observées chez les personnes âgées de 10-20 ans (taux d’incidence), les 20-30 ans et les 60-70 ans (taux d’incidence et de positivité) », précise Santé publique France dans son bulletin hebdomadaire régional.

39 % des clusters d’Occitanie en Haute-Garonne

La crainte des autorités de voir une recrudescence des cas avec la rentrée universitaire, et le retour des soirées étudiantes, semble donc se confirmer. Et si pour la plupart des jeunes touchés, le Covid-19 passe inaperçu ou avec très peu de symptômes, le risque reste celui de contaminer le reste de leur famille, en particulier par les aînés.

De fait, en Occitanie, la Haute-Garonne détient le triste record de département le plus touché par des clusters. Parmi les 123 clusters recensés en dehors des Ehpad, avec en moyenne chacun 20 cas positifs détectés, 39 % se trouvaient le 22 septembre en Haute-Garonne.