Coronavirus à Toulouse : Quelle est la situation au CHU à l’amorce de la deuxième vague ?

EPIDEMIE Au CHU de Toulouse, l’activité liée au Covid-19, reprend lentement mais sûrement. La deuxième vague pointe et les soignants s’y préparent

Hélène Ménal

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Une équipe de réanimation du CHU de Purpan, à Toulouse, au chevet d'un malade du Covid.
Une équipe de réanimation du CHU de Purpan, à Toulouse, au chevet d'un malade du Covid. — F. Scheiber - Sipa
  • Les admissions en réanimation progressent depuis deux semaines au CHU de Toulouse où les spécialistes prédisent une poursuite du phénomène.
  • Pour l’instant, le profil des patients est le même que pour la première vague.
  • Le Samu, où les appels ont bondi de 40 %, vient de réactiver sa cellule de crise.

Avec 54 patients* atteints du Covid-19, dont 13 en réanimation, alors qu’ils n’étaient plus qu’une dizaine au cœur de l’été, « la deuxième vague » monte lentement, mais « clairement », au CHU de Toulouse. « Le rythme est différent de mars, néanmoins je crois que ça va continuer à monter quand on voit l’accélération en termes de taux de positivité », prévient le professeur Pierre Delobel, chef du service des maladies infectieuses. Dans la Ville rose, où le préfet a annoncé vendredi une deuxième salve de mesures restrictives, le taux de positivité est de 10 %, le double de la moyenne nationale.

Et en milieu hospitalier, il y a des signes qui ne trompent pas. La réactivation de la cellule de crise du Samu par exemple. « Le nombre d’appels a bondi de 40 % », indique son responsable Vincent Bounes. Il ne compte plus les appels inquiets liés à des clusters familiaux et souligne le nombre croissant de jeunes, d’étudiants inquiets, « qui se sentent oppressés au niveau respiratoire ».

« Quand on est symptomatique, on ne va pas voir papy et mamie ! »

Des jeunes qui ne viennent pas alourdir les statistiques hospitalières pour l’instant, du moins pas directement. « Mais bon sang quand on est symptomatique, on ne va pas voir papy et mamie ! », s’énerve l’urgentiste. Car ce sont plutôt les grands-parents que l’on retrouve en réanimation. Ces patients ont selon Béatrice Riu-Poulenc, cheffe de la réanimation à Purpan, le « même profil » que ceux de la première vague. Ils ont en général 60-70 ans et d’autres fragilités, à l’exception de deux malades « dans la quarantaine », accueillis la semaine dernière « sans aucun antécédent, ni surpoids ».

Alors, y a-t-il risque de surchauffe à Toulouse dans les semaines qui viennent ? « Tout notre défi va être de conjuguer cette deuxième vague avec une activité hospitalière normale, explique Marc Penaud le directeur général du CHU, et nous avons anticipé cela durant l’été ». Quelque 500 personnels ont été recrutés et les équipes disposent de plus de trois mois de stock en équipement de protection, dont les fameux masques, les charlottes et les blouses. Le responsable appelle aussi et surtout à « ne pas se déplacer aux urgences » pour tenter de se faire dépister.

Du changement dans les drives

Côté dépistage justement, le nerf de la guerre, le CHU va aussi s’adapter au contexte toulousain des files qui s’allongent interminablement. Le standard du drive de Purpan a sauté depuis longtemps. A compter de ce lundi, l’accueil s’y fera sans rendez-vous, 7j/7. « Mais le créneau 7h-midi sera réservé aux personnels prioritaires et aux patients symptomatiques qui ont une prescription », annonce le virologue Jacques Izopet, chef du service biologie. Au drive de Rangueil, stratégiquement placé devant l’université, il y aura désormais deux files. Pour accélérer les résultats des jeunes symptomatiques.

* Chiffres arrêtés au vendredi 17 septembre