Alain Cocq fortement déshydraté trois jours après l'arrêt de ses traitements

MALADIE Il en avait appelé à Emmanuel Macron pour obtenir une injection de barbituriques

Nicolas Raffin

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Une perfusion (Illustration).
Une perfusion (Illustration). — USA Today Network/Sipa USA/SIPA

Alain Cocq, qui souffre d'une maladie incurable et a interrompu vendredi soir tout traitement et alimentation, connaît une déshydratation importante, a rapporté ce lundi à l’AFP sa mandataire. « Il a vomi toute la journée hier [dimanche] (…) Il alterne les phases de conscience et d’inconscience », a rapporté Sophie Medjeberg, vice-présidente de l’association Handi-Mais-Pas-Que, désignée par Alain Cocq pour faire le lien avec les médias.

Faute d’avoir obtenu du président Emmanuel Macron une injection de barbituriques « à titre compassionnel » pour abréger ses souffrances, le Dijonnais a décidé de se laisser mourir. Il a souhaité retransmettre son agonie en direct sur Facebook pour tenter de faire évoluer la législation sur la fin de vie, mais le réseau social a bloqué la vidéo samedi matin.

Pas de pronoctic vital engagé « à court terme »

Sophie Medjeberg a raconté à l’AFP qu’Alain Cocq s’était dit malgré tout « serein » dimanche lors de leur dernier échange téléphonique. « Je compte sur toi ; le combat ne doit pas s’arrêter », a-t-il exhorté. En « phase terminale depuis 34 ans », comme il l’affirme, Alain Cocq souffre d’une maladie génétique rare et très douloureuse qui bloque ses artères.

Il souhaite mourir dans la dignité mais la loi Claeys-Léonetti ​sur la fin de vie, adoptée en 2016, n’autorise la sédation profonde que pour les personnes dont le pronostic vital est engagé « à court terme ». Ce qu’Alain Cocq ne peut prouver.

Alité à son domicile dijonnais, le malade est entouré de quatre auxiliaires de vie, ainsi que de membres de sa famille dont sa sœur et des amis très proches. « C’est vraiment pénible pour tout le monde, horrible et dommage d’en arriver là. On paye un lourd tribut pour notre cause », a insisté Sophie Medjeberg. « Il faut un amendement à la loi Léonetti au nom d’Alain au bout du combat qu’il m’a transmis », a-t-elle conclu.