Coronavirus à Paris : Pourquoi des étudiants soignants mobilisés contre le Covid-19 ont reçu un mug

FAKE OFF Un collectif de soignants s’est indigné de la distribution d’une tasse à des étudiants soignants parisiens mobilisés contre le Covid-19

Mathilde Cousin

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Le service de réanimation de l'hôpital de la Pitié Salpêtrière, le 23 avril 2020 (illustration).
Le service de réanimation de l'hôpital de la Pitié Salpêtrière, le 23 avril 2020 (illustration). — ERIC DESSONS/JDD/SIPA
  • L’image d’une tasse sur laquelle on peut lire « La bataille contre le coronavirus : j’y étais ! » est devenue virale vendredi
  • Ce n’est « peut-être pas l’idée du siècle, mais pas de quoi déclencher une tempête dans un mug ! », a réagi Martin Hirsch, le directeur de l’AP-HP.

Après le badge pour les enseignants, un mug pour certains soignants ? L’image d’une tasse offerte à des étudiants soignants est devenue virale ce vendredi. « La bataille contre le coronavirus : j’y étais ! », peut-on lire sur l’objet. En dessous, figure la mention « Les écoles de l' AP-HP [Assistance publique - hôpitaux de Paris] mobilisées », ainsi que le logo de la Banque Populaire et de l’ACEF, une association s’adressant aux fonctionnaires et aux agents du service public et partenaire de cette banque.

L’image a été d’abord été postée par une soignante, avant d’être reprise sur Twitter par un autre soignant puis par l’association L’Inter Urgences. « Après les médailles, on nous offre un mug comme si la crise Covid-19 dans les hôpitaux avait été un moment festif ! ? », s’indignent les membres de cette association sur les réseaux sociaux, avant d’interpeller l’AP-HP : « Ne préfériez-vous pas investir dans le matériel et les conditions de travail ! ? »

L'image a été repartagée par l'association L'Inter Urgences.
L'image a été repartagée par l'association L'Inter Urgences. - Capture d'écran Twitter

« C’est une aberration, un mug. C’est complètement contraire à ce que l’on demande, réagit Hugo, aide-soignant et membre du collectif. Certes, les soignants ont eu des primes, mais nous on demande des revalorisations de salaire. »

« L’AP-HP n’a absolument pas participé à son financement »

Dans un post publié ce vendredi, l’infirmière qui a pris le cliché souligne que « ce n’est pas l’AP-HP qui nous a offert » la tasse. Elle précise que l’objet a été offert « à l’école de spécialisation ibode-iade [école des infirmiers de bloc opératoire et école des infirmiers anesthésistes] » et « financé par un partenaire extérieur. L’AP-HP n’a absolument pas participé à son financement. Le directeur de l’école, de son initiative, voulant nous remercier pour notre implication pendant le plan blanc. » Elle souligne qu’elle ne s’attendait pas à ce que sa photo, initialement publiée pour ses amis, « prenne tant d’ampleur ».

« Guerre qui a été éprouvante »

Dans une vidéo publiée le 16 juin par la Banque populaire – Rives de Paris*, Christophe Houzé, directeur des soins à l’AP-HP et directeur de ces deux établissements, évoque la distribution d'un mug : « J’ai fait appel à la Banque populaire – Rives de Paris et à l’ACEF, nos partenaires, pour permettre de mettre en place une sorte de mug, un souvenir, de commémoration de [la] participation [des stagiaires] à cette guerre qui a été éprouvante. »

Le responsable rappelle que « dès le 12 mars 2020 », l’organisation a été revue « afin de pouvoir déployer dans les services de soin environ 300 stagiaires qui ont activement et vaillamment participé à la prise en soin des patients atteints par le coronavirus ». Il souligne que « les cadres de santé formateurs » des écoles « ont également rejoint les premières lignes pour participer à ce combat. »

Contacté par 20 Minutes, l’AP-HP renvoie vers un tweet de son directeur général, Martin Hirsch. « Nous découvrons cette initiative spontanée d’une école, écrit-il ce vendredi après-midi. Peut-être pas l’idée du siècle, mais pas de quoi déclencher une tempête dans un mug ! Plus important de souligner qu’on augmente le nombre de promotions professionnelles à l’AP-HP cette année. »

L’AP-HP gère une vingtaine d’instituts de formation en soins infirmiers et instituts de formation des aides-soignants, ainsi que des écoles spécialisées et de centres de formation continue.

* La Banque populaire n’a pas donné suite à nos sollicitations.