Coronavirus : Masques, gants… L’Etat ne fournira plus les professions libérales de santé

COVID-19 Une décision de la DGS (direction générale de la santé) qui inquiète infirmières et médecins libéraux 

T.C.

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Une infirmière volontaire réalise un test sérologique à une Niçoise qui souhaite savoir si elle a contracté le COVID-19.
Une infirmière volontaire réalise un test sérologique à une Niçoise qui souhaite savoir si elle a contracté le COVID-19. — Olfa Ayed

Ils ont été aux avant postes durant la crise du coronavirus. Malgré les difficultés pour s’approvisionner en masques et en gel hydroalcoolique, les professions libérales de santé – infirmières, médecins libéraux, etc. – ont été pleinement mobilisées pour traiter leurs patients, atteints du covid-19 ou non. Aujourd’hui, alors que la situation semble se dégrader, ils s’inquiètent de l’arrêt de fournitures de protection individuelle par l’Etat à l’automne.

Dans une lettre qui leur a été adressée le 31 juillet dernier, la DGS (direction générale de la Santé) leur demande de « s’organiser pour être en capacité de s’approvisionner de manière autonome à partir du 5 octobre » et de « constituer un stock de sécurité de masques chirurgicaux et FFP2 et autres EPI nécessaires à la prise en charge de patients Covid (gants, blouses, charlottes, tabliers, lunettes) correspondant à 3 semaines de consommation en temps de crise épidémique ».

« Stupéfaction »

Une décision que déplore notamment l’Onsil (Organisation nationale des syndicats d’infirmiers libéraux) qui a exprimé « sa stupéfaction » dans un communiqué publié le 5 août dernier. Sa présidente, Antoinette Tranchida, demande à Olivier Véran de « se positionner rapidement sur ce sujet qui a déjà eu pour conséquence, outre les décès de nombreuses personnes, la contamination de milliers de soignants dont nombre d’infirmiers libéraux que l’Etat ne veut toujours pas comptabiliser ».

« Sans aucune concertation au préalable, la DGS nous balance cette information », déplore Luc Duquesnel, président des Généralistes-CSMF (Confédération des syndicats médicaux français) auprès de Francetvinfo. « Je n’ai pas la sensation que le gouvernement se projette dans ce qui nous attend avec la reprise de l’épidémie à l’automne », ajoute-t-il.

Déplorant que « la majorité des professionnels de ville se sont débrouillés seuls pendant la crise pour se fournir en équipements de protection individuelle », elle attend désormais du ministre des Solidarités et de la Santé qu’il facilite les approvisionnements « en particulier en masques chirurgicaux, Ffp2 et en gants » dont le prix serait plafonné pour les professionnels de santé. « Nos revenus ne nous permettent pas de tels investissements », souligne Antoinette Tranchida dans son communiqué.

Une « organisation exceptionnelle » plus justifiée

Contacté par Francetvinfo, la DGS explique que « l’organisation exceptionnelle » et « extrêmement lourde » déployée durant la crise ne se justifie plus. « Aujourd’hui, la production de masques et d’EPI est à nouveau abondante, les échanges commerciaux ont repris, les stocks mondiaux sont reconstitués et les délais de livraison sont revenus à la normale. »

Et dans le cas d’une deuxième vague, la DGS assure que « l’approvisionnement des professionnels de santé libéraux ou intervenants à domicile sera toujours assuré par les pharmacies d’officines qui recevront du stock de la part de l’Etat, selon le modèle éprouvé ces derniers mois ».