Coronavirus : La biotech nantaise Valneva dans la course au vaccin

RECHERCHE Si les recherches aboutissent, le VLA2001 doit entrer en phase clinique à la fin de l’année, pour une mise à disposition d’ici mi-2021

20 Minutes avec AFP

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Un ingénieur-virologue manipule le 30 juillet 2020 le coronavirus au siège de la biotech Valneva à Saint-Herblain.
Un ingénieur-virologue manipule le 30 juillet 2020 le coronavirus au siège de la biotech Valneva à Saint-Herblain. — AFP

Un vaccin contre le Covid-19 pourrait-il être trouvé à Nantes, loin des grands centres de recherche mondiaux ? C’est en tout cas ce sur quoi travaille la biotech Valneva basée dans l’Ouest de la France. Cette société emploie plus de 500 personnes dans le monde, mais c’est dans la banlieue nantaise, à Saint-Herblain, qu’elle met au point son vaccin : le VLA2001.

Un travail « très stressant »

Dans le laboratoire hautement sécurisé de la société, un technicien manie délicatement des flasques contenant le coronavirus. « Quand on a reçu le virus, on a commencé à réaliser qu’on travaillait sur quelque chose de très important mais aussi de très stressant », se souvient Fabien Perugi, responsable de la recherche préclinique pour la France chez Valneva. Ses chercheurs ont mis à profit leur connaissance de la technologie du virus inactivé, processus qui permet de créer une réponse immunitaire chez les patients en leur injectant un virus privé de ses capacités de nuire.

La biotech nantaise n’en est pas à son coup d’essai, elle commercialise déjà des vaccins contre l’encéphalite japonaise et le choléra. De quoi convaincre les autorités britanniques, qui lui ont récemment passé des précommandes pour au moins 60 millions de doses d’un potentiel vaccin anti-Covid.

Quelque 160 vaccins en cours de développement

Mais pour Valneva la concurrence va être rude. Selon un décompte de l’Organisation mondiale de la santé, 160 vaccins sont en cours de développement, dont 23 sont entrés dans la phase des essais cliniques sur l’homme. Surtout, avec un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros en 2019, la biotech n’a pas les capacités de frappe d’un mastodonte comme Sanofi (36 milliards d’euros de ventes l’an passé). Toutefois pour son directeur général, Franck Grimaud, la société, avec sa connaissance des vaccins, a un rôle à jouer.

Tenter de développer un vaccin n’est cependant pas sans risques pour une petite structure. Cela représente un investissement de 150 à 300 millions d’euros, selon Franck Grimaud. « Depuis le début, on travaille à nos coûts et on prend nos risques sans savoir si cela va marcher », explique-t-il. Toutefois, « on ne peut pas rentrer en phase clinique sans être soutenus à 100 % ». Il est donc vital pour Valneva de signer des accords avec des Etats, qui partagent ainsi les risques financiers et s’assurent en retour l’accès au vaccin s’il fonctionne. Dans ce cadre, les collaborations se multiplient. Après les Britanniques, la société prévoit une coopération avec l’Union européenne.

La nécessité de plusieurs vaccins

VLA2001 doit entrer en phase clinique à la fin de l’année, pour une mise à disposition d’ici mi-2021. Soit un peu plus tard que le calendrier affiché par d’autres laboratoires. Mais il sera nécessaire d’avoir plusieurs vaccins, affirme le dirigeant de Valneva, tant le nombre de doses nécessaires à l’échelle mondiale sera important. Sans compter que tous les projets n’aboutiront pas, souligne-t-il, certaines technologies utilisées par des concurrents n’ayant jamais été prouvées dans le cadre d’un vaccin.