Les autorités sanitaires alertent sur le cadmium, substance cancérogène trop présente dans les algues des makis

ALIMENTATION L’Anses recommande l’instauration de seuils de concentration maximum de cadmium dans les algues alimentaires

20 Minutes avec agences

— 

Un plateau de sushis (illustration).
Un plateau de sushis (illustration). — DURAND FLORENCE/SIPA

Les algues destinées à l’alimentation, comme celles utilisées pour les makis japonais, contiennent souvent trop de cadmium, une substance classée cancérogène. L’agence de sécurité sanitaire Anses estime donc que des seuils de concentration maximum doivent être instaurés.

« Les quelque 250 analyses des prélèvements concernant des algues non transformées mettent en évidence des concentrations de cadmium dépassant, pour 26 % d’entre elles, la valeur maximale de 0,5 mg/kg de poids sec recommandée par le CHSPF (Conseil supérieur d’hygiène public de France) », explique mardi l’Anses dans un communiqué accompagnant son avis. Or, « une partie de la population française (est) déjà exposée au cadmium au-delà de la dose tolérable à travers son régime alimentaire usuel », ainsi que par « l’inhalation passive et active de fumée de tabac ».

« Mutagène et toxique pour la reproduction »

C’est pourquoi, l’agence de sécurité sanitaire recommande « une concentration maximale en cadmium aussi basse que possible dans les algues alimentaires » afin de « limiter la surexposition des consommateurs ». « En tenant compte de l’apport global en cadmium d’un régime alimentaire usuel, l’Anses propose une teneur maximale en cadmium de 0,35 milligramme par kilogramme de matière sèche dans les algues alimentaires », poursuit-elle. L’Agence rappelle par ailleurs que « la Commission européenne envisage de fixer des teneurs maximales en arsenic, plomb et cadmium dans les algues ». En effet, ces végétaux ont tendance à absorber ces trois substances métalliques présentes dans l’environnement.

« Le cadmium est un contaminant très répandu dans l’environnement à l’état naturel et en raison de l’activité humaine, notamment agricole et industrielle. Il pénètre facilement dans les végétaux par leurs racines et entre ainsi dans la chaîne alimentaire », souligne encore l’Anses. Selon elle, le cadmium, « mutagène et toxique pour la reproduction », peut entraîner chez l’Homme « des atteintes rénales et une fragilité osseuse lors d’une exposition prolongée, notamment par voie orale via l’alimentation et l’eau de boisson ».