Royaume-Uni : Le gouvernement dévoile un grand plan de lutte contre le surpoids

SANTE Le plan prévoit l’encadrement de la publicité pour la malbouffe et encourage les médecins généralistes à prescrire de l’exercice physique à leurs patients

20 Minutes avec AFP

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Un enfant sur trois est en surpoids au Royaume-Uni.
Un enfant sur trois est en surpoids au Royaume-Uni. — RAPHAEL BLOCH/SIPA

​Pubs pour la malbouffe interdites, calories des menus détaillés et prescription médicale pour faire du vélo : le gouvernement britannique a annoncé lundi un grand plan de lutte contre le surpoids au Royaume-Uni, après une étude qui a pointé du doigt l’obésité en tant que facteur aggravant du coronavirus.

« Nous savons que l’obésité accroît le risque de maladies grave et de mourir du coronavirus, c’est donc vital que nous prenions des mesures pour améliorer la santé de notre nation et protéger le NHS » (le service santé publique britannique), a déclaré lundi le ministre de la Santé Matt Hancock dans un communiqué.

Adopter un mode de vie plus sain

La campagne « En meilleure santé », lancée par les autorités sanitaires britanniques « invitera les gens à adopter un mode de vie plus sain et à perdre du poids s’ils en ont besoin », a détaillé dans un communiqué l’institution qui veut lutter contre « la bombe à retardement qu’est l’obésité ».

Parmi les mesures annoncées lundi figurent l’interdiction à la télévision et en ligne de la publicité pour de la malbouffe avant 21 heures, « quand les enfants sont les plus susceptibles d’y être exposés », ainsi que l’obligation pour les restaurants et les chaînes à emporter de plus de 250 employés de rendre public le nombre de calories dans leurs menus.

Les supermarchés devront par ailleurs mettre fin aux promotions sur la malbouffe et auront « l’interdiction de placer ces articles aux emplacements clefs de leurs magasins, comme devant les caisses ou à l’entrée ». « Quand vous faites vos courses, il est juste d’avoir accès aux bonnes informations sur la nourriture que vous mangez, pour aider les gens à prendre les bonnes décisions », a jugé Matt Hancock.

Prescrire du vélo

Outre une expansion des branches du NHS consacrées à la perte de poids, les médecins généralistes seront aussi « encouragés à prescrire de l’exercice » physique à leurs patients.

Selon une source de Downing street citée par l’agence britannique de presse PA, cela pourrait prendre la forme de projets pilotes dans les quartiers en mauvaise santé, où les médecins pourront « prescrire des sessions de vélo », qui seront facilitées par l’apport de matériel et la création de pistes cyclables séparées.

Ce plan a été rendu public après qu’une étude de PHE a révélé samedi que les personnes obèses présentaient 40 % de risques supplémentaires de mourir du coronavirus.

Il marque un virage à 180 degrés pour le Premier ministre Boris Johnson, qui s’était auparavant déclaré contre les « taxes sur nos péchés » et une approche « maternisante » de l’Etat. Lui-même avait dû être hospitalisé en soins intensifs au printemps après avoir contracté le Covid-19, imputant plusieurs fois la sévérité de ses symptômes entre autres à son poids.

« Nous pouvons tous nous sentir plus minces et en bonne santé »

« Perdre du poids est difficile, mais avec quelques petits changements, nous pouvons tous nous sentir plus minces et en bonne santé », a déclaré Boris Johnson, estimant que cela permettrait de « se protéger du coronavirus » et d'« alléger la pression sur le NHS », les services de santé britanniques.

Le gouvernement n’a pas donné les détails concernant le financement de ce plan, mais le Guardian a évalué le coût de ces mesures à 10 millions de livres (11 millions d’euros).

Au Royaume-Uni, près des deux tiers (63 %) des adultes sont au-dessus d’un poids considéré comme sain, avec 36 % en surpoids et 28 % en obésité, selon les données gouvernementales. Un enfant sur trois entre 10 et 11 ans est par ailleurs en surpoids ou obèse, ce qui entraîne des effets délétères à long terme sur leur santé.