Coronavirus dans le Finistère : L’ARS « manque de bras » pour mener ses dépistages massifs

EPIDEMIE L’agence régionale de santé a fait savoir que 39 situations étaient surveillées dans le département

Camille Allain
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Illustration d'un centre de dépistage du coronavirus. Ici en Mayenne.
Illustration d'un centre de dépistage du coronavirus. Ici en Mayenne. — Mathieu Pattier/SIPA
  • Relativement épargné par l’épidémie de coronavirus, le Finistère a vu le nombre de malades augmenter ces derniers temps.
  • D’importantes campagnes de dépistage sont menées mais l’ARS manque de personnel pour mener ces tests.
  • Les autorités assurent que la reprise de l’épidémie est surtout liée aux regroupements familiaux et amicaux.

La situation est loin d’être alarmante mais elle est regardée de très près. Dans le Finistère, « 39 situations sont surveillées », a fait savoir l’Agence régionale de santé ce lundi lors d’un point presse conjoint avec la préfecture. Depuis une semaine, le nombre de cas positifs est nettement parti à la hausse dans le département de l’ouest breton.

La région a vu son indicateur de reproduction effectif virer au rouge en atteignant 2,6. Cela signifie qu’une personne souffrant du Covid-19 en contamine en moyenne 2,6. Le préfet y voit un net relâchement des gestes barrière. « Il n’y a pas assez de monde à porter le masque. Notre souci, c’est ce que qui se passe dans la sphère privée. Les barrières tombent quand on est en confiance en famille ou entre amis », estime le préfet Pascal Lelarge.

Pour limiter la propagation du virus dans le département, le préfet avait déjà imposé le port du masque sur certains marchés extérieurs très fréquentés à cette période de l’été, mais aussi dans les lieux clos des îles situées au large des côtes. Un cas positif a été enregistré sur l’archipel des Glénan, obligeant les autorités à tester 200 personnes ce week-end. Le nombre de dépistages a d’ailleurs grimpé en flèche ces derniers temps avec 2.500 tests pratiqués en trois jours entre le 16 et le 18 juillet.

Un nouveau drive va ouvrir à Brest

L’agence régionale de santé qui mène les dépistages se heurte cependant à un problème. « Nous manquons de bras pour mener les tests », déplore Jean-Paul Mangeat, directeur départemental de l’ARS. Les autorités ont donc sondé leurs réservistes, les professionnels de santé et les effectifs des pompiers afin de trouver des candidats. Il faudra en convaincre rapidement puisqu’un second centre de dépistage du Covid-19 en drive doit ouvrir à Brest, où 44 cas ont été enregistrés. « Dès que l’on sera prêt, peut-être en fin de semaine », a précisé le directeur départemental.

Dans le Finistère, la capacité d’analyse des différents laboratoires publics et privés est estimée à 900 tests quotidiens. Le département abrite un peu moins d’un million d’habitants mais a vu sa population augmenter en cette période de vacances, notamment sur le littoral. La thèse de l’arrivée de nouveaux cas « importés » par les visiteurs extérieurs, piste largement relayée sur les réseaux sociaux, semble très marginale. « La plupart des cas sont issus de regroupements professionnels ou familiaux », assure le préfet.

En cas de regain de l’épidémie, le préfet s’attend à voir le département « passer en orange » et prévient : « Il faudra réorganiser certaines choses ». L’accueil des enfants en structures collectives pourrait être limité en nombre. Et l’accès aux plages être davantage scruté par les maires pour réduire les regroupements.