Coronavirus : Une piste pour repérer quels patients risquent de développer une forme grave

ETUDE Le déficit dans le sang d’une protéine « pourrait être une signature des formes graves » de coronavirus selon des chercheurs français

20 Minutes avec agences

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Des tests pour le coronavirus. (illustration)
Des tests pour le coronavirus. (illustration) — ROBIN UTRECHT/SIPA

Une étude menée par des chercheurs français pourrait aider à repérer les patients à risque face au coronavirus. Parue cette semaine dans la revue américaine Science, elle montre en effet que le déficit dans le sang d’une protéine normalement produite par le système immunitaire « pourrait être la marque des formes graves de Covid-19 ».

« Le déficit en interférons de type 1 dans le sang pourrait être une signature des formes sévères » de la maladie, concluent les scientifiques. Les interférons sont des protéines de la famille des cytokines produites notamment par les cellules du système immunitaire en réponse à la présence d'une infection.

Une avancée majeure

Environ 5 % des personnes atteintes de Covid-19 évoluent vers une forme grave ou critique, avec une pneumonie sévère se transformant en syndrome de détresse respiratoire aiguë, survenant souvent 9 à 12 jours après l’apparition de premiers symptômes légers à modérés.

Les chercheurs estiment que cette aggravation est provoquée par une forte augmentation des cytokines, qui provoque un emballement de la « réponse inflammatoire » de l’organisme. Mais les médecins ne savent pas dire précisément quels patients vont développer cette forme grave de la maladie, au-delà des facteurs de risque observés (diabète, obésité, âge avancé…)

Or il s’agit d'« une question essentielle (…) pour améliorer la prise en charge individuelle et le pronostic de ces patients », observent jeudi dans un communiqué l’Inserm, l’Université de Paris, l’Institut Imagine, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et l’Institut Pasteur.

« Identifier une population à haut risque »

Les auteurs de l’étude, issus de ces organismes, ont pratiqué des analyses sur 50 patients atteints de Covid-19, avec des degrés de gravité différents. Il en ressort que chez les patients gravement malades « la production et l’activité des interférons de type 1 sont fortement diminuées ». Ils présentent également « une charge virale sanguine persistante, témoignant du mauvais contrôle de la réplication virale par le système immunitaire des patients et conduisant à l’emballement d’une réponse inflammatoire inefficace et pathologique ».

L’étude révèle par ailleurs que « de faibles taux d’interférons de type 1 dans le plasma précèdent l’aggravation clinique des patients et leur transfert en soins intensifs ». Par conséquent, cette déficience « pourrait être une signature des formes graves de la Covid-19 et pourrait permettre d’identifier une population à haut risque ».

De plus, ces résultats « soulignent l’intérêt d’approches thérapeutiques associant l’administration précoce d’interférons avec une thérapie anti-inflammatoire adaptée (…) chez les patients en prévention d’une forme sévère », concluent les auteurs.