Coronavirus : Mayenne, Aquitaine, Ile-de-France... La deuxième vague est-elle déjà là ?

CORONAVIRUS Plusieurs régions enregistrent une hausse significative des nouvelles contaminations

A.B.

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Pour éviter une deuxième vague, le gouvernement a décidé de rendre obligatoire le port du masque dans les lieux clos dès la semaine prochaine et de mener des campagnes de dépistage massif.
Pour éviter une deuxième vague, le gouvernement a décidé de rendre obligatoire le port du masque dans les lieux clos dès la semaine prochaine et de mener des campagnes de dépistage massif. — gue
  • La circulation du coronavirus en France semble s’accélérer ces derniers jours.
  • Plusieurs nouveaux foyers de contamination ont été identifiés et les nouveaux cas de contaminations sont en hausse dans plusieurs départements.
  • Une hausse significative qui pousse le gouvernement à accélérer l’obligation du port du masque dans les lieux clos pour éviter une deuxième vague dès le début de l’été.

Seuil d’alerte dépassé en Mayenne. Evolution inquiétante de l’épidémie en Aquitaine. Et signaux de reprise de l’épidémie dans des hôpitaux franciliens. Deux mois après la levée progressive du confinement, le coronavirus gagne de nouveau du terrain en France.

Si le Conseil scientifique a alerté ces dernières semaines sur les risques d’une deuxième vague de coronavirus en France à la rentrée, la crainte qu’elle ne déferle dès maintenant se fait de plus en plus grande. C’est pourquoi le gouvernement, qui avait déjà prévu de rendre obligatoire le port du masque dans les lieux clos à compter du 1er août prochain, accélère et va rendre la mesure effective dès la semaine prochaine sur le territoire, et dès maintenant en Mayenne. Mais cela suffira-t-il pour éviter une flambée de l’épidémie ?

L’augmentation de la circulation du virus

Dans son dernier bulletin épidémiologique hebdomadaire, l’agence sanitaire Santé publique France note une « tendance à l’augmentation de la circulation du virus SARS-CoV-2 ». Pour l’instant, la circulation virale globale se maintient « à un niveau bas », sauf dans certains lieux comme en Mayenne, où l’agence sanitaire relève une « augmentation du nombre de nouveaux cas et des taux de positivité des prélèvements ».

L’un des indicateurs suivis est le fameux « R effectif », c’est-à-dire le nombre de personnes infectées par un malade. Alors qu’il était inférieur à 1 au niveau national ces dernières semaines, ce nombre, basé sur les tests virologiques positifs, est repassé au-dessus de cette barre en métropole. Il y a moins de deux semaines, « en métropole, ce R était de 1,05, légèrement supérieur à 1, et en hausse par rapport à la semaine précédente, ce qui va dans le sens d’une tendance à l’augmentation de la circulation du virus », a déclaré Sophie Vaux, de Santé publique France (SpF). Si en moyenne un malade infecte moins d’une personne, l’épidémie régresse. S’il en infecte deux (R = 2), l’épidémie se diffuse, s’il en infecte une (R = 1), l’épidémie se maintient, explique-t-elle. De plus, « on a une tendance à l’augmentation des nombres de nouveaux cas confirmés, mais qui reste modérée », ajoute-t-elle. « On ne parle pas d’explosion de cas, mais il y a un frémissement qui appelle à la vigilance ».

Un frémissement également observé dans la région voisine, en Bretagne, où 110 nouveaux cas ont été enregistrés. Mais aussi en Ile-de-France. « Nous assistons dans certains hôpitaux parisiens à des signaux faibles de reprise épidémique​, c’est pourquoi je demande aux Français de rester particulièrement vigilants, actifs, contre le virus », a averti ce jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran sur France Inter, qui ne « veut plus confiner le pays ». Il s’agit d’indicateurs « non pas inquiétants, mais d’attention particulière » de reprise, comme le nombre d’appels à SOS Médecins, au Samu et d’admissions à l’hôpital, a-t-il détaillé. Même constat en régio, où L’Agence régionale de santé explique rencontrer « des signaux faibles faisant état de nouveaux cas de Covid-19 ». Et en Aquitaine, l’Agence régionale de santé alerte sur «  une évolution inquiétante de l’épidémie », avec une dizaine de foyers épidémiques identifiés.

Accélération de l’obligation de porter un masque dans les lieux clos

Face à cette hausse des nouveaux cas de Covid-19 et pour éviter une deuxième vague, le gouvernement a décidé de rendre le port du masque obligatoire dans les lieux clos à compter du 1er août. Avant d’accélérer encore la cadence ce mercredi. A l’occasion de son discours de politique générale devant le Sénat ce jeudi, le Premier ministre Jean Castex a annoncé que le décret rendant le port du masque obligatoire entrerait finalement en vigueur «  dès la semaine prochaine ».

Mais déjà, le gouvernement a demandé au préfet de Mayenne de mettre en place « l’obligation de port du masque » dans les lieux publics clos « sans attendre », a affirmé jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran. Dès mercredi, Jean-Francis Treffel, préfet de la Mayenne, a signé un arrêté à effet immédiat rendant obligatoire le port du masque dans les lieux publics clos de six communes du département, dont Laval, a annoncé la préfecture jeudi.

Des campagnes de dépistage massif

Afin de ne pas passer à côté de nouveaux clusters, des campagnes de dépistage massives ont été lancées, en particulier dans les zones où le virus circule plus activement. En Mayenne, « nous augmentons massivement la capacité de tests sur place », avec à Laval quatre « drive-tests » accessibles à tous « même sans ordonnance », a indiqué le ministre de la Santé.

Olivier Véran a également affirmé avoir fait envoyer « 1,5 million d’ordonnances de diagnostic » dans la région Ile-de-France, et autorisé les techniciens de laboratoires à réaliser des prélèvements pour faire face à la hausse des demandes. « Il y a un grand nombre de Franciliens qui souhaitent partir en vacances et qui veulent se faire tester avant de partir, ce qui veut dire qu’il y a un afflux massif de personnes qui veulent accéder aux laboratoires depuis quelques jours », a souligné Olivier Véran. Il y a donc un « besoin de ressources humaines, de bras, pour faire autant de tests PCR (par écouvillons) qu’il y a de demandes ». L’aéroport de Roissy est notamment capable de réaliser jusqu’à « 2.000 personnes par jour », affirme-t-il. Et sur leurs lieux de vacances, les Français, « où qu’ils soient, auront la possibilité de se faire tester », a assuré le ministre, qui préfère « convaincre » à faire des examens que de « contraindre ».