Jean Castex annonce 6 milliards d'euros d'investissement dans le système de santé

POLITIQUE Le Premier ministre a précisé, mercredi lors de son discours de politique générale, que cette enveloppe s'ajoutait aux 8,1 milliards prévus par le Ségur pour augmenter les salaires à l'hôpital public et privé

20 Minutes avec AFP

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Le cortège lors de la manifestation des soignants le 14 juillet 2020.
Le cortège lors de la manifestation des soignants le 14 juillet 2020. — Louise MERESSE/SIPA

Une enveloppe que beaucoup attendaient. Le Premier ministre Jean Castex a annoncé mercredi un plan d’investissement de 6 milliards d’euros dans le système de santé, venant s'ajouter aux 13 milliards d'euros de reprise de la dette hospitalière d'ores et déjà prévus par le gouvernement.

Ces « 6 milliards (d’euros) de soutien supplémentaire en investissement » complètent également les 8,1 milliards d’euros déjà annoncés pour améliorer la rémunération des personnels hospitaliers dans le cadre du «Ségur de la santé », a précisé le Premier ministre dans son discours de politique générale à l'Assemblée nationale.

« Notre système de santé a été rudement mis à l’épreuve au cours de la crise (due au Covid-19) et justifie aujourd’hui » cet « investissement inédit », a estimé le chef du gouvernement.

Prévention et qualité des soins

« L’objectif est de donner davantage de souplesse aux établissements, d’intégrer la qualité des soins dans les règles de financement des hôpitaux et des médecins de ville » et « de mettre l’accent sur la prévention », a-t-il poursuivi. Concernant la prévention, considérée souvent comment le parent pauvre du système de santé français, Jean Castex a dit vouloir « développer les actions sport-santé » et « impliquer davantage les élus des territoires ».

Regagner du temps médical

« C’est également en partant des territoires que nous progresserons sur le sujet de l’accès à un médecin de ville », a souligné le Premier ministre, disant vouloir « attirer davantage de médecins dans nos territoires » et « permettre à ceux qui y exercent déjà de travailler autrement, avec moins de charges administratives et plus de temps médical ».

« Il faut aussi développer la télémédecine, qui a connu un essor spectaculaire pendant la crise du Covid et dont il faut maintenant consolider la place dans les pratiques médicales », a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron avait promis durant l'épidémie du nouveau coronavirus un «plan massif d'investissement et de revalorisation de l'ensemble des carrières» dans les hôpitaux, confrontés à des difficultés chroniques depuis plusieurs années.

« L’investissement dans les bâtiments, les équipements et le numérique sera également massif : nous dégagerons au total entre 15 et 20 milliards d’euros », avait-il précisé début juillet dans un entretien accordé à la presse régionale. Le chef de l’Etat n’avait toutefois pas indiqué quel montant exact, sur cette enveloppe globale, il entendait consacrer à l’investissement, qui englobait également une forte reprise de dette pour les hôpitaux.

Cette dernière, annoncée dans le cadre du «plan hôpital» décidé à l'automne 2019, s’élève au total à 13 milliards d’euros, intérêts compris. La dette totale des hôpitaux publics français atteint aujourd’hui près de 30 milliards d’euros, hors intérêts.