« Ségur de la Santé » : Ce qu’ont obtenu, en fin de compte, les personnels hospitaliers

NEGOCIATIONS Des « accords de la santé » doivent être officiellement signés, ce lundi, à Matignon.

G.D. avec AFP

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Illustration d'une manifestation de soignants à quelques jours de la fin du «Ségur de la Santé».
Illustration d'une manifestation de soignants à quelques jours de la fin du «Ségur de la Santé». — Louise Meresse / SIPA
  • Une enveloppe de 7,5 milliards d'euros doit être débloquée pour les personnels paramédicaux et non-médicaux.
  • La hausse de salaire dite « socle » pour l’ensemble des personnels des hôpitaux et des Ehpad publics doit être de l’ordre de 183 euros net mensuels.
  • L’indemnité de « service public exclusif », versée aux médecins qui s’engagent à ne travailler que dans les hôpitaux publics, va être augmentée.

Le « Segur de la Santé » fait ses comptes. Après plusieurs jours de négociation, il va aboutir, ce lundi, à Matignon, à la signature d’accords sur les salaires, les primes et les indemnités des personnels de santé. Les protocoles d’accords ont été validés par trois syndicats : CFDT, FO et Unsa Santé. Tour d’horizon des avancées dans les différents corps de métiers.

Personnels paramédicaux et non médicaux

Les personnels paramédicaux (infirmiers, aides-soignants, masseurs-kinésithérapeutes…) et non médicaux (techniciens, brancardiers, agents administratifs…) ont obtenu une enveloppe de 7,5 milliards d’euros. Cette somme doit servir en majorité à financer une hausse de salaire dite « socle » pour l’ensemble des personnels des hôpitaux et des Ehpad publics, de l’ordre de 183 euros net mensuels.

Cette augmentation, qui devra être votée en fin d’année dans le budget de la Sécurité sociale, interviendra en deux temps : une première revalorisation de 90 euros « avec un effet rétroactif » au 1er septembre et une autre de 93 euros au 1er mars 2021. L’accord prévoit également une « révision » des grilles de salaires pour certains métiers, qui devra être achevée avant le printemps.

Des « recrutements » sont aussi mentionnés, dont le nombre exact ne figure pas noir sur blanc. « On part sur une création de 15.000 postes », a cependant prévenu Olivier Véran dans un entretien accordé dimanche aux quotidiens du groupe Ebra. A noter que les salariés du secteur privé lucratif bénéficieront eux aussi d’une partie des 7,5 milliards d’euros, pour une revalorisation évaluée à 160 euros net par mois. Des discussions seront menées dans les établissements concernés pour en fixer les modalités.

Médecins hospitaliers

L’accord pour les médecins hospitaliers porte sur un ensemble de 16 mesures, pour une enveloppe globale de 450 millions d’euros. L’essentiel de cette somme servira à augmenter l’indemnité de « service public exclusif », versée aux praticiens qui s’engagent à ne travailler que dans les hôpitaux publics, sans dépassement d’honoraires.

Cette indemnité est aujourd’hui de 490 euros brut par mois pour un temps plein, portée 700 euros après quinze ans d’ancienneté. Elle passera à 1.010 euros pour tous les praticiens éligibles, avec une première étape en septembre et une seconde en mars 2021.

En parallèle, une « révision » des grilles de salaires est prévue à compter du 1er janvier 2021. Le texte inclut également des dispositions sur la formation et le statut des médecins, avec des visites médicales rendues obligatoires, et des mesures pour encadrer l’intérim avec un « respect strict » du « plafonnement des rémunérations ».

Internes et étudiants en médecine

Les internes, futurs médecins employés à l’hôpital dans le cadre de stages de fin de cursus, vont bénéficier d’une enveloppe de 124 millions d’euros ainsi que de mesures visant à assurer « un meilleur respect du temps de travail ».

Selon l’Isni, principal syndicat d’internes, les 124 millions d’euros serviront à améliorer les indemnités versées aux jeunes praticiens, portées au niveau du Smic horaire – une revendication de longue date des futurs médecins.

Une enveloppe de 55 millions d’euros a par ailleurs été débloquée pour les étudiants en médecine, tandis que les étudiants de filières paramédicales bénéficieront d’un coup de pouce à 20 millions d’euros.