« Ségur de la santé » : Jean Castex s’invite aux discussions et offre une rallonge de plus d’un milliard d’euros

NEGOCIATIONS Lors d’une visite surprise mardi soir, le Premier ministre a augmenté l’offre du gouvernement sur les salaires. Les syndicats ne sont pas convaincus

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre Jean Castex, à Paris le 7 juillet 2020.
Le Premier ministre Jean Castex, à Paris le 7 juillet 2020. — Alfonso Jimenez//SIPA

Coup de théâtre au « Ségur de la santé » : le Premier ministre Jean Castex s’est invité mardi à une réunion avec les syndicats, annonçant une rallonge de plus d’un milliard d’euros pour les salaires et ajoutant « les questions d’emplois » au menu des négociations. La surprise a été révélée peu après 19h00 par un tweet du chef du gouvernement, accompagné d’une photo le montrant aux côtés du ministre de la Santé Olivier Véran et de l’animatrice du « Ségur » Nicole Notat.

Le Premier ministre est resté environ une heure, avant de laisser Olivier Véran poursuivre les discussions. « Il a montré son engagement », a assuré son entourage. Surtout, Jean Castex n’est pas venu les mains vides. « J’ai annoncé une enveloppe de 7,5 milliards d’euros », soit 1,1 milliard de plus que celle proposée la semaine dernière pour revaloriser les personnels non médicaux, a-t-il indiqué.

Des syndicats déçus

Malgré ce nouveau geste financier, les syndicats se sont dit déçus mardi soir de cette nouvelle séance de négociation. En cause : la répartition de l’enveloppe entre augmentation générale, révision de grilles salariales et refonte des primes. Les syndicats revendiquent de longue date 300 euros nets supplémentaires pour tous les agents hospitaliers du secteur public. Mais le gouvernement veut étendre la mesure au secteur privé et introduire une part d'« intéressement » collectif dans les rémunérations.

« Avec ces mesures, l’enveloppe disponible pour la hausse générale des salaires ne pourra pas dépasser 165 euros. C’est beaucoup trop peu », a estimé un responsable syndical, regrettant de ne « pas être entendu ». A ce stade, « les organisations syndicales ne sont pas satisfaites des propositions », a confirmé une seconde source syndicale, appelant le gouvernement à se donner « les moyens supplémentaires ».

Les effectifs, autre point de crispation

Pour les syndicats, un deuxième point suscite des crispations : celui des effectifs. Lors de son intervention, Jean Castex indique avoir « insisté pour que les questions d’emploi soient également intégrées à la négociation ». « Chaque établissement hospitalier sera invité à réaliser un diagnostic partagé de la situation de ses effectifs (postes vacants, absentéisme, besoins de formation…) et de ses activités », a fait savoir l’entourage du Premier ministre.

Alors que la hausse des effectifs réclamée par les syndicats ne faisait jusqu’à présent pas partie de la discussion, 15.000 créations de postes seraient désormais sur la table, selon une source syndicale, qui évoque un « point positif ». Mais ces embauches seraient financées sur la même enveloppe que les revalorisations salariales. Ce à quoi s’opposent les syndicats, qui menacent de ne pas signer l’accord proposé par le gouvernement.

Selon un participant, le Premier ministre veut « conclure » rapidement le « Ségur », avec un « protocole d’accord » finalisé d’ici jeudi. Les négociations, interrompues après six heures d’échanges, doivent reprendre mercredi à 14h00.