La télésurveillance, une piste sérieuse pour réduire les hospitalisations des malades du cœur

SANTE Une étude coordonnée depuis Toulouse montre que la télésurveillance des insuffisants cardiaques réduit de plus de 20 % le risque d’une première hospitalisation

Béatrice Colin

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L'objectif de la  télésurveillance est de réduire les hospitalisations.
L'objectif de la télésurveillance est de réduire les hospitalisations. — F. Scheiber/20 Minutes illustration
  • En France, un million de personnes souffre d’insuffisance cardiaque.
  • Pour améliorer la vie des patients et éviter les hospitalisations, des outils de télésurveillance ont été déployés en 2013 dans le cadre d’une expérimentation auprès de 1.000 personnes.
  • Cette étude a montré une baisse du risque de survenue d’une première hospitalisation.

Des difficultés à respirer, une grosse fatigue. Des symptômes que connaît bien Laurent Castanié. En 2014, cet agriculteur est hospitalisé au CHU de Toulouse. C’est là qu’il apprend qu’il fait partie des malades « insuffisants cardiaques », soit près d’un million de personnes en France.

Une douche froide pour ce Lotois qui n’avait jamais été malade. Après plusieurs alertes, ses médecins toulousains lui proposent d’intégrer l’étude clinique Osicat, une expérimentation de télésurveillance démarrée un an plus tôt. Chaque matin, à lui de se peser et de répondre à une série de questions sur une tablette. « A deux reprises, ils m’ont hospitalisé après les relevés de la télésurveillance​. Ils se sont rendus que quelque chose n’allait pas », raconte Laurent Castanié.

Aujourd’hui âgé de 49 ans, ce patient a été transplanté l’an dernier après avoir été suivi à distance durant plusieurs années. « Au début ça me paraissait rébarbatif, mais les infirmières appelaient régulièrement. Honnêtement c’est rassurant et je n’avais pas peur de les appeler », confie ce patient qui a pu reprendre son activité.

Et c’est l’un des aspects positifs qui ressort de l’expérimentation selon le professeur Michel Galinier. Entre mai 2013 et décembre 2017, le chef du service cardiologie à l’hôpital de Rangueil de Toulouse a coordonné l’étude nationale Osicat dont les résultats viennent d’être publiés.

Durant cette période, 990 patients de 38 centres en France ont été suivis à distance grâce à une technologie développer par la société Air Liquide.

Baisse des hospitalisations

« Parmi les résultats, on note une baisse significative de 21 % du risque de survenue de la première hospitalisation. Pour les patients isolés, c’est aussi positif », relève Michel Galinier dont l’objectif dans ce genre de dispositif est d’anticiper les hospitalisations et réduire la rechute de patients. Dans l’étude Osicat, les médecins généralistes étaient en première ligne pour répondre aux patients si une anomalie était détectée par les infirmières en charge du suivi des données.

Depuis, une nouvelle étude, baptisée « Etapes » et utilisant le même dispositif technique, a été lancée par l’Assurance maladie. Mais, cette fois, les référents sont des cardiologues et non plus les médecins traitants. Depuis son lancement il y a deux ans, 203 patients toulousains y ont participé. « Et nous avons l’impression qu’il y a une baisse des hospitalisations. Normalement, à six mois, le chiffre est de 30 % d’hospitalisations, là il est de 16 %. Les infirmières font un pré-tri et arrivent à détecter les fausses alertes », relève le cardiologue.

Une télésurveillance qui a pris tout son sens aussi durant le confinement et la crise du Covid-19, période où les patients ont limité leurs déplacements vers les services hospitaliers.