Coronavirus à Bordeaux : Le CHU s’inquiète de « frémissements » de reprise de l’épidémie, et dénonce un « relâchement très important »

COVID-19 Plusieurs professionnels du CHU de Bordeaux ont souligné ce lundi que le virus circule toujours

Mickaël Bosredon

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Le CHU, Centre Hospitalier Universitaire, Pellegrin à Bordeaux
Le CHU, Centre Hospitalier Universitaire, Pellegrin à Bordeaux — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Des professionnels du CHU de Bordeaux ont mis en avant la présence d’un cluster à Bordeaux, alors que 13 cas positifs ont été dépistés la semaine dernière, un chiffre en augmentation.
  • « Sans être alarmiste, il y a des signaux, il convient donc d’être prudent car le virus circule toujours sur la métropole de Bordeaux », insiste Philippe Morlat.
  • « Il y a une baisse de la garde », s’inquiète de son côté Agnès Lasheras Bauduin, alors que la saison estivale, et les regroupements qui vont avec, démarre.

Plusieurs professionnels de santé du CHU de Bordeaux ont fait part ce lundi de leur inquiétude face à des « frémissements » concernant une éventuelle reprise de l'épidémie de Covid-19. Le directeur du CHU Yann Bubien a notamment mis en avant la présence d’un cluster à Bordeaux, évoqué par 20 Minutes dimanche.

Philippe Morlat, président de la CME (Commission médicale d’établissement) au CHU de Bordeaux, souligne quant à lui que « 13 cas positifs au Covid-19 ont été dépistés la semaine dernière au CHU, alors que nous étions à zéro il y a 4 à 5 semaines, et seulement à 5 ou 6 encore tout récemment. On aurait eu 13 cas en une semaine en janvier, tout le monde nous serait tombé dessus ! Donc, sans être alarmiste, il y a des signaux. Il convient donc d’être prudent, car le virus circule toujours sur la métropole de Bordeaux, c’est une certitude. » Il précise que l’augmentation de ce nombre de cas, n’est pas en lien avec l’augmentation du nombre de tests : « C’est bien le ratio qui est plus important. »

La crainte d’une « épidémie perlée »

« Ce qui est à craindre dans les semaines ou les mois qui viennent, c’est une épidémie perlée, avec des bouffées épidémiques », analyse quant à elle, Nathalie Salles, chef du pôle gérontologie clinique.

Philippe Morlat se dit aussi « inquiet » face à « certains comportements » qu’il observe en ville, déplorant l’abandon des gestes barrière et du port du masque. Et le démarrage de la période estivale dans la région lui fait craindre le pire, en raison du brassage à venir des populations.

« Est-ce de la lassitude ou un oubli du risque ? »

« Il y a une baisse de la garde, c’est certain, ajoute Agnès Lasheras Bauduin, praticien hospitalier au service d’hygiène hospitalière. Est-ce de la lassitude ou un oubli du risque ? En tout cas on voit bien qu’il y a plus de regroupements qu’il y a un mois et qu’il y a plus de promiscuité, il y a un relâchement très important, alors que le virus circule toujours. »

La spécialiste rappelle que « c’est tout de même grâce à ces mesures que l’on a réussi à maîtriser sa diffusion, c’est donc inquiétant si on ne les suit plus. Il faut donc rappeler que les seules mesures à suivre ce sont les mesures barrière, le nettoyage des mains, le port du masque. L’été sera peut-être difficile, cela dépendra de notre comportement aux uns et aux autres. »