Coronavirus : Le virus actuel serait plus infectieux qu’avant, selon une étude à confirmer

CONTAGION « Nous en sommes toujours au stade d’essayer de confirmer » ces résultats, a réagi l’épidémiologiste star américain Anthony Fauci

20 Minutes avec AFP

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Un modèle du coronavirus.
Un modèle du coronavirus. — SAUL LOEB / POOL / AFP

La variante du SARS-CoV-2 (le nom de ce coronavirus) qui domine aujourd’hui dans le monde infecterait plus facilement les cellules que celle qui est apparue en Chine, selon une étude publiée jeudi par la revue Cell. Des résultats à prendre avec des pincettes, et qui restent à confirmer.

« Nous ne savons pas encore si une personne s’en sort moins bien avec elle ou non », a commenté Anthony Fauci, directeur de l’Institut des maladies infectieuses américain, à la revue Jama. « Il semble que le virus se réplique mieux et puisse être plus transmissible, mais nous en sommes toujours au stade d’essayer de le confirmer. Mais il y a de très bons généticiens des virus qui travaillent là-dessus. »

Trois à six fois plus infectieux

Après sa sortie de Chine et son arrivée en Europe, une variante du nouveau coronavirus, qui mute en permanence comme tout virus, est devenue dominante, et c’est cette version européenne qui s’est ensuite installée aux Etats-Unis. La variante, nommée D614G, concerne une seule lettre de l’ADN du virus, à un endroit contrôlant la pointe avec laquelle il pénètre les cellules humaines.

Des expériences en laboratoire ont montré que la variante était trois à six fois plus capable d’infecter des cellules humaines. « Il semble probable que c’est un virus plus apte », dit Erica Ollmann Saphire, qui a réalisé l’une de ces expériences, au La Jolla Institute for Immunology. Mais tout est dans le « probable » : une expérience in vitro ne peut reproduire la dynamique réelle d’une pandémie.

Beaucoup de choses à apprendre sur ce virus

Les chercheurs de la nouvelle étude, des universités de Sheffield et Duke et du laboratoire national de Los Alamos, ont établi en avril que D614G dominait désormais et ont alors affirmé, avec une certaine alarme, que la mutation rendait le virus « plus transmissible ». Ils avaient mis leurs résultats en ligne sur un site de prépublications scientifiques.

Mais cette assertion avait été critiquée car l’équipe n’avait pas prouvé que la mutation elle-même était la cause de la domination ; peut-être qu’elle a bénéficié d’autres facteurs ou du hasard. Les scientifiques ont donc réalisé des travaux et des expériences supplémentaires, à la demande notamment des éditeurs de Cell.

Dans tous les cas, écrivent Nathan Grubaugh, de l’université Yale, et des collègues, dans un article distinct, « D614G ne devrait rien changer à nos mesures de restrictions ni aggraver les infections individuelles ». « Nous assistons au travail scientifique en temps réel : c’est une découverte intéressante qui touche potentiellement des millions de gens, mais dont nous ignorons encore l’impact final. Nous avons découvert ce virus il y a six mois, et nous apprendrons encore beaucoup de choses dans les six prochains mois. »