Coronavirus en Occitanie : Le virus circule-t-il plus ces derniers jours dans la région ?

EPIDEMIE La présence de clusters rappelle qu’il n’a pas disparu d’une région assez épargnée par l’épidémie

Béatrice Colin

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Illustration de soignants faisant des tests PCR en drive à l'hôpital de Purpan, à Toulouse.
Illustration de soignants faisant des tests PCR en drive à l'hôpital de Purpan, à Toulouse. — FRED SCHEIBER/SIPA
  • La région Occitanie a eu un indicateur de référence en matière de coronavirus qui l’a placé récemment derrière la Guyane et la Martinique, encore très touchée par l’épidémie.
  • Le virus circule encore dans la région, mais deux clusters importants dans le Gard et la Haute-Garonne « faussent » les chiffres.

Des joueurs du TFC testés positifs, des cas détectés de manière sporadique dans des écoles de l’agglomération toulousaine ou encore un cluster XL à Blagnac après un repas familial.

Le coronavirus est loin d’avoir disparu de l’agglomération toulousaine et plus largement de l'Occitanie. Epargnée par l’épidémie, la région s’est même retrouvée en rouge la semaine dernière dans le dernier bulletin épidémiologique sur l’évolution du Covid-19 publié par Santé Publique France.

Elle figurait en effet sur le podium des régions ou territoires français où l’indicateur R, qui mesure le nombre de personnes contaminé par un malade, était de 1,51, juste derrière la Guyane (2,59) et la Martinique (1,57).

« Quand nous sommes sortis du confinement, dans notre région, le taux de reproduction du virus, c’est-à-dire le nombre de personnes infectées par un cas initial, était passé à 0,7. Du fait des clusters que nous avons dans la région, il est de 1,51, c’est ce qui nous fait passer en zone rouge et être le taux le plus élevé en métropole. Cela montre encore une fois que nous devons faire attention, le virus circule encore », insiste Muriel Alvarez, cheffe du pôle Inflammation Infection Immunologie Locomoteur du CHU de Toulouse.

Effet clusters dans le Gard et la Haute-Garonne

Mais moins que ces chiffres pourraient le laisser penser, les clusters ayant un impact direct sur les taux. C’est ce que relève le point épidémiologique régional publié ce jeudi soir. « La circulation virale se maintient à un niveau faible sur l’ensemble de la région. Une vigilance reste de mise autour des clusters actuellement actifs en raison de leur importance et de la mobilité potentielle des populations qu’ils affectent », indique le bulletin, faisant référence aux travailleurs agricoles dans le Gard et à la communauté des gens du voyage affectée dans l’agglomération toulousaine.

La semaine dernière, 1,5 personne pour 100.000 habitants était testée positives dans la région, ce chiffre atteignant 3,8 pour le Gard et 2,7 pour la Haute-Garonne, avec respectivement un taux de positivité des tests Covid de 1,3 % et 1,4 % quand il est seulement de 0,6 % sur l’ensemble de la région. Des chiffres à relativiser, c’est entre le 15 et 21 juin 34 personnes testées positives dans le Gard et 42 en Haute-Garonne. Dans ce département, très peu de personnes sont hospitalisées et aucun en réanimation au CHU de Toulouse.

Parmi les 16 clusters signalés entre le 15 mai et le 24 juin en Occitanie, 12 sont désormais clôturés, trois sont en cours d’investigation et un est maîtrisé indique Santé publique France. Les gens sont désormais plus testés et isolés. « Le déconfinement a aussi permis au patient d’accéder aux soins plus facilement et ce n’est pas impossible que ce soit un élément », poursuit Muriel Alvarez.

L’étude des souches du coronavirus donnera aussi peut-être des indicateurs sur sa virulence. « Si on se réfère à la grippe saisonnière, en fonction du virus l’atteinte grippale peut-être différente d’une année sur l’autre, parfois ce n’est pas tout à fait la même forme clinique », conclut cette spécialiste des maladies infectieuses. Avant d’ajouter : « ce qui est certain, c’est que la balle est dans notre camp ».