Emmanuel Macron annonce des mesures pour relocaliser des usines en France

INDUSTRIES Pour le chef de l’Etat, « la crise a montré que nous devons continuer à produire dans notre pays et sur notre continent »

20 Minutes avec AFP

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Le chef de l'Etat a annoncé ce mardi un "mécanisme de relocalisation de certaines productions" de santé.
Le chef de l'Etat a annoncé ce mardi un "mécanisme de relocalisation de certaines productions" de santé. — GONZALO FUENTES / POOL / AFP

Emmanuel Macron a annoncé mardi de prochaines mesures pour relocaliser en France des usines dans le secteur sanitaire, aux côtés du patron du groupe Sanofi qui va créer deux sites français de recherche et production de vaccins.

A l’issue d’une visite du site de Sanofi de Marcy-l’Etoile (Rhône), le président de la République a également promis la mise en place d’ici l’été d’un « mécanisme de planification » de la production française dans le domaine de la santé, ainsi qu’une enveloppe de 200 millions d’euros pour financer des infrastructures de production. « Dès jeudi, nous lancerons un mécanisme de relocalisation de certaines productions » a-t-il déclaré devant les dirigeants du groupe et des élus, souhaitant par exemple qu’on puisse de nouveau produire du paracétamol en France.

Identifier « nos fragilités et nos dépendances »

Le « mécanisme de planification » devra permettre d’identifier « nos fragilités et nos dépendances » et d’ensuite les corriger en « essayant de rapatrier des forces de production ».

S’exprimant juste avant lui, le directeur général de Sanofi Paul Hudson a annoncé un investissement d’un total de 610 millions d’euros pour créer en France un nouveau site de production de vaccins ainsi qu’un centre de recherche et développement (R & D).

Le groupe va ainsi investir près d’un demi-milliard d’euros dans une nouvelle usine à Neuville-sur-Saône en région lyonnaise, pour y créer une usine de production de vaccins « évolutive » et innovante.

« Cet investissement est pour moi un acte extrêmement fort qui montre l’importance de cette indépendance que la France doit recouvrer dans les domaines industriel et sanitaire », a lancé Emmanuel Macron, dans un nouveau plaidoyer pour la souveraineté économique.

« Santé, investir dans notre souveraineté »

Derrière son pupitre, un grand panneau portait d’ailleurs l’inscription « Santé, investir dans notre souveraineté ». « La crise a montré que nous devons continuer à produire dans notre pays et sur notre continent, nous ne devons pas dépendre » d’autres, a-t-il plaidé, insistant également sur l’importance de la coopération européenne.

La nouvelle usine de Sanofi, avec 200 emplois créés, sera « exceptionnelle, une première mondiale qui permettra de produire de manière rapide, digitale, tous les vaccins dont nous aurons besoin à l’avenir », a-t-il ajouté. « C’est la preuve de ce que j’expliquais », a-t-il dit en allusion à son discours de dimanche, « l’avenir de la France n’est pas un pays où on travaillerait moins, où on produirait moins ».

« A l’heure où certains voudraient opposer ces causes, on ne gagne aucune bataille sanitaire sans gagner la bataille industrielle, on ne gagne aucune bataille économique si on ne croit pas dans l’industrie ! », a conclu le chef de l’État, dont l’appel à « travailler et produire davantage » a été très critiqué par la gauche et les écologistes.