Foyer d’encéphalites à tiques dans l’Ain : Les malades ont bien été contaminés en mangeant du fromage au lait cru

SANTE Les premiers cas de cette maladie transmise par les tiques sont apparus mi-avril dans le bassin d’Oyonnax dans l’Ain

Elisa Frisullo

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Illustration d'une tique.
Illustration d'une tique. — AP/SIPA
  • Depuis mi-avril, 37 cas probables ou confirmés d’encéphalites à tiques ont été enregistrés dans l’Ain autour d’Oyonnax.
  • Des analyses ont confirmé que les malades ont été contaminés en mangeant du fromage au lait cru.
  • La transmission par voie alimentaire de ce virus provenant de tiques infectées est rarissime, selon les autorités.

L’origine alimentaire du foyer de contaminations ne fait plus aucun doute. Depuis la mi-avril et jusqu’au 10 juin, 37 cas d'encéphalites à tiques (dont 28 confirmés et 9 probables) ont été recensés dans l’Ain, dans le bassin de vie d’Oyonnax, ont indiqué ce lundi soir l’agence régionale de santé et la préfecture, qui avaient déjà communiqué sur ce sujet fin mai.

A ce moment-là, l’origine de la contamination n’était pas connue avec certitude mais la piste alimentaire était tout de même privilégiée. C’est pourquoi un « retrait rappel » avait été effectué sur des fromages au lait cru de chèvre et de vache d’une exploitation agricole du bassin d’Oyonnax. Ces produits auraient été consommés par au moins 50 % des personnes malades, selon l’ARS.

Depuis, des tests et analyses ont confirmé les soupçons. « Ces cas correspondent au même foyer, dont l’origine alimentaire est désormais scientifiquement établie par la mise en évidence du virus TBE dans du lait cru de chèvre et un lot de fromages au lait cru, produits par le Gaec des Chevrettes du Vieux Valey, situé à Condamine », ont précisé ce lundi les autorités sanitaires.

Un mode de contamination rarissime

Depuis le rappel organisé par ce producteur, 9 contaminations probables (en plus des 28 déjà connues) ont été recensées chez des personnes aujourd’hui guéries pour lesquelles une confirmation biologique rétrospective est demandée. « Pour mémoire, la contamination humaine par le virus d’encéphalite à tique (TBE) par la voie alimentaire est exceptionnelle : la présence de ce virus dans les fromages est rarissime (…) Sa présence dans les fromages de chèvre du Gaec est liée à la présence de tiques porteuses du virus dans les pâtures où est présent son cheptel. Elle n’a donc pas de lien avec la qualité des pratiques d’élevage et de transformation laitière », assurent les services de l’Etat.

Ces derniers jours, le Gaec a mis en place une pasteurisation du lait de chèvre avant sa transformation afin d’inactiver le virus et d’assurer ainsi la sécurité sanitaire de ses produits. Le site de production a, dans ces conditions, reçu l’autorisation de commercialiser de nouveau ses fromages, ajoutent les autorités.

Chasse aux tiques en vue

Dans le secteur d’Oyonnax, les investigations vont toutefois se poursuivre. « L’Agence nationale de la sécurité des aliments, de l’environnement et de la santé au travail a délégué une mission dans l’Ain pour mener des études complémentaires sur les tiques et le virus du TBE dans la zone géographique concernée. Des tiques sont susceptibles d’être recherchées et capturées », concluent l’ARS et la préfecture.

L’encéphalite à tique provoque des symptômes pseudo-grippaux qui peuvent évoluer vers des céphalées intenses et des vertiges plus ou moins importants. Dans le cadre de ce foyer de cas, une vingtaine de personnes ont été hospitalisées courant mai dans l’Ain et sont aujourd’hui rentrées à leur domicile. L’un des malades, présentant des comorbidités importantes et des symptômes similaires aux personnes contaminées par le virus TBE, est décédé, sans confirmation possible de la cause exacte du décès, avaient précisé fin mai les autorités.