Coronavirus : Les chirurgies « non urgentes » affectées par la pénurie d’anesthésiants

MEDECINE « Le retour à la normale n’aura pas lieu avant l’été », a expliqué le secrétaire d’Etat Adrien Taquet

20 Minutes avec agences

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Une infirmière anesthésiste pompe un produit anesthésiant à l'aide d'une seringue (photo d'illustration)
Une infirmière anesthésiste pompe un produit anesthésiant à l'aide d'une seringue (photo d'illustration) — Jack Guez AFP

Suspendues depuis la mi-mars, les activités chirurgicales non urgentes ne reprendront pas à 100 % d’ici l’été, en raison d’une pénurie persistante d’anesthésiques, a indiqué ce mardi le secrétaire d’Etat Adrien Taquet. « Les tensions sur les médicaments anesthésiants impactent nécessairement la reprise des activités chirurgicales et le retour à la normale n’aura pas lieu avant l’été », a-t-il déclaré à l’Assemblée nationale.

Le gouvernement avait ordonné la « déprogrammation immédiate des interventions non urgentes » le 12 mars, juste avant le confinement, afin de libérer un maximum de lits de réanimation pour les malades du coronavirus. Mi-mai, une fois la vague épidémique passée et le déconfinement entamé, plusieurs syndicats de médecins libéraux et la fédération des cliniques privées avaient demandé la levée de cette interdiction.

Un « redémarrage progressif »

Le ministre de la Santé avait alors autorisé les établissements à « reprogrammer des opérations », mais seulement « dans les régions où le virus circul(ait) peu, et selon l’occupation des services de réanimation et les ressources disponibles ». Or, l’Etat s’est arrogé depuis fin avril le monopole des achats et de la distribution de cinq médicaments (deux hypnotiques, trois curares) en raison de « tensions d’approvisionnement extrêmement fortes ».

Dans ce contexte, « avant de reprendre une activité à 100 %, afin d’exclure toute rupture de stocks, nous envisageons plutôt un redémarrage progressif », a expliqué Adrien Taquet. Le gouvernement a ainsi « demandé aux agences régionales de santé d’échanger, pour définir à quel rythme la reprise de la chirurgie lourde doit être programmée, en fonction des approvisionnements en médicaments nécessaires à la réanimation », a-t-il ajouté.