Coronavirus à Marseille : Le parquet « étudie » une dénonciation contre Didier Raoult

JUSTICE La procureure de Marseille a reçu une dénonciation de la part d'un professionnel de santé. Selon lui, Didier Raoult n’a pas respecté le consentement de certains patients lors de ses études cliniques

J.S.-M.

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Le professeur Didier Raoult est le directeur de l'IHU
Le professeur Didier Raoult est le directeur de l'IHU — Daniel Cole/AP/SIPA

Les expérimentations menées par le professeur Didier Raoult étaient-elles illégales ? Un professionnel de santé a envoyé un courrier à la procureure de Marseille pour dénoncer le célèbre patron de l’IHU Méditerranée infection. Selon ce courrier, Didier Raoult n’aurait pas respecté le « consentement libre et éclairé » de certains patients, a appris 20 Minutes, confirmant une information du Canard Enchaîné. L’infectiologue médiatique continue d’affirmer que l'hydroxychloroquine est un remède efficace pour guérir du Covid-19.

Selon l’hebdomadaire satyrique, le signalement proviendrait d’un autre infectiologue et daterait du début du mois d’avril. Didier Raoult venait alors de publier une étude bouclée dans l’urgence. Selon Le Canard Enchaîné, l’Agence nationale du médicament, qui a mené une enquête, a conclu que ce protocole ne respectait pas « les modalités d’information des patients et de traçabilité de la motivation de la prescription. »

« Rien n’est net »

La procureure de Marseille Dominique Laurens confirme que « des échanges ont eu lieu avec l’Agence nationale de sécurité du médicament » et précise à 20 Minutes que le parquet « étudie ce courrier avec la plus grande prudence, car il est facile de dénoncer certaines choses mais il est plus difficile de les vérifier. » L’enquête sera longue, car « rien n’est net », selon la magistrate.

Le pôle Santé publique du parquet de Marseille, qui a déjà « procédé à une analyse juridique et technique » du dossier, devra déterminer précisément dans quel cadre juridique Didier Raoult a prescrit de l’hydroxychloroquine : les règles ne sont pas les mêmes pour les études observationnelles et pour les essais cliniques. « Tout a été fait dans les règles », assure un porte-parole de l’IHU, joint ce mercredi.