Coronavirus : Des filtres en réalité augmentée pour les réseaux sociaux mis au point à Angoulême

SCIENCES Une entreprise d’Angoulême vient de lancer sur Snapchat un filtre en réalité augmentée, qui permet de comprendre la diffusion et les effets du coronavirus sur le système respiratoire

Mickaël Bosredon

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La société Cortex, à Angoulême, a créé ce filtre Snapchat qui permet de comprendre les effets du coronavirus
La société Cortex, à Angoulême, a créé ce filtre Snapchat qui permet de comprendre les effets du coronavirus — Cortex
  • Ce filtre simule en réalité augmentée la diffusion du virus dans votre système respiratoire.
  • Un deuxième filtre de réalité augmentée sortira dans quelques jours pour Facebook et Instagram, et ciblera les mesures de distanciation physique.
  • La société Cortex Productions, lancée en 2006 à Angoulême, est un studio d’animation spécialisé dans le domaine médical.

De la présence du virus sur les mains, à son ingestion en se touchant la bouche, la première étape de la séquence décortique la contagion. Les scènes suivantes montrent la diffusion du virus, la mise à mal du système respiratoire, et prodiguent des conseils pour se protéger. Lancé il y a quelques jours par Cortex Productions, un studio d’animation spécialisé dans le domaine médical, basé tout près d’Angoulême (Charente), le filtre de réalité augmentée CoronaMesPoumons, disponible sur Snapchat, synthétise clairement la diffusion et le fonctionnement du virus.

Pour développer cet outil, Cortex Productions s’est associé à une jeune start-up d’Angoulême, Kalank, un autre spécialiste de la réalité augmentée, pour des contenus ludiques. Mais pourquoi avoir développé ce genre d’outil, plutôt qu’une simple vidéo éducative ? Gérant et co-fondateur de Cortex Productions, Andreas Koch explique que « la réalité augmentée et les filtres tels qu’ils existent sur les réseaux sociaux, et notamment Snapchat, ont l’avantage de casser la distance qui peut exister dans une vidéo ou un film. »

« On donne l’illusion que cela vous arrive réellement »

Andreas Koch prend pour exemple cette « publication d’une université américaine qui montrait le modèle d’un poumon malade, et les effets dévastateurs que peut avoir le coronavirus sur notre appareil respiratoire : c’était saisissant, mais on se dit : "c’est un malade, ce n’est pas moi." La réalité augmentée casse cette barrière : on donne l’illusion que cela vous arrive réellement. L’idée n’étant pas de choquer, mais d’informer. » L’ensemble des informations présentées est basé sur des publications scientifiques.

Se positionner sur Snapchat, « nous permet en plus de toucher un public jeune, qui ne prend pas toujours cette pandémie à sa juste valeur, pensant que cela ne les concerne pas », explique encore Andreas Koch. « Snapchat est par ailleurs le réseau qui offre les possibilités de programmation de filtres les plus pointues, Facebook et Instagram venant juste après. »

« Nous tentons de faire le lien entre le grand public et les scientifiques »

Facebook et Instagram seront les prochaines cibles de Cortex Productions. La société charentaise va en effet lancer dans les prochains jours un second filtre de réalité augmentée, sur le thème de la distanciation physique cette fois-ci. « Et j’aimerais en sortir un troisième par la suite, qui traiterait de la complexité et de la fragilité d’un virus, capable de percer la paroi d’une cellule pour se dupliquer, mais que l’on peut éradiquer tout simplement en se lavant bien les mains. »

Cortex Productions existe depuis 2006, mais avec son associé Laurent Larsonneur, Andreas Koch utilise l’image de synthèse pour visualiser des processus scientifiques depuis 1991. « Depuis 29 ans, nous tentons ainsi de faire le lien entre le grand public et les scientifiques. » L’entreprise a travaillé pour de grands laboratoires, par exemple pour expliquer ce qu’est une cellule dans le cadre du développement d’un cancer, ou plus récemment pour produire une réalité virtuelle grand format sur la sclérose en plaques. S’il n’est pas lui-même scientifique de formation, Andreas Koch est aujourd’hui associé à deux ingénieurs, « et nous travaillons avec des médecins et des scientifiques. »

« Notre objectif : devenir un relais d’information scientifique grâce à la réalité augmentée »

Les filtres de réalité augmentée concernant le Covid-19, sont purement pédagogiques. « Nous ne sommes pas là pour créer la polémique, et je n’ai pas à me substituer à ceux dont c’est le rôle de prendre des décisions, précise l’entrepreneur. Mais je considère que dans cette épidémie, nous avons un vrai rôle à jouer, parce que la réalité augmentée est notre cœur de métier, est que c’est un formidable outil pour vulgariser des publications scientifiques parfois complexes. »

Le développement de l’application Snapchat a coûté un peu plus de 21.000 euros, dont la moitié pris en charge par une subvention du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. « Le but n’est pas de gagner de l’argent, assure Andreas Koch, en revanche notre objectif final est de créer un média, qui sera une sorte de Web AR (réalité augmentée via Internet), pour devenir un relais d’information scientifique grâce à la réalité augmentée. Ces productions nous permettent ainsi de tester nos applications, en vue de mettre en place quelque chose de plus large dans quelque temps. »

*L’url vers le filtre CoronaMesPoumons sous Snapchat : https://bit.ly/2YEQV5w