Coronavirus : Une vaste étude confirme que le principal facteur de risque de mortalité serait lié à l’âge

ETUDE Une étude britannique de grande ampleur souligne que les personnes âgées, les hommes et les personnes démunies ont plus de risque de mourir du coronavirus

M.F
— 
Selon une étude britannique de grande ampleur, l’âge serait le principal facteur de risque de mortalité lié au coronavirus
Selon une étude britannique de grande ampleur, l’âge serait le principal facteur de risque de mortalité lié au coronavirus — Adria Salido Zarco/SIPA

Une étude britannique d’une ampleur inédite vient appuyer les résultats des recherches et observations précédentes sur les facteurs de risque de mortalité liés au coronavirus. L’étude souligne que les populations les plus à risque sont les personnes âgées, les hommes et les personnes démunies.

Publié le 7 mai dernier, le projet appelé Opensafely a été mené par des équipes d’Oxford, de l’université de Leeds, du Centre de recherche national en soins intensifs (ICNARC) et de la London School of Hygiene and Tropical Medicine.

Les données de 17,4 millions d’adultes analysées

L’étude se base sur les données de santé de 17,4 millions d’adultes britanniques recueillies depuis plus d’un an et qui ont été croisées avec celles des décès hospitaliers par Covid-19 entre le 1er février et le 25 avril 2020 (à savoir 5.683 décès). La mortalité de l’infection est donc évaluée à partir de données de santé de la population générale et pas seulement de celle des personnes infectées par le SARS-CoV-2. C’est ce qui en fait son originalité et son poids.

L’étude montre que sur ces 5.683 personnes décédées du Covid-19 dans des hôpitaux britanniques entre le 1er février et le 25 avril, 79 % ont plus de 70 ans, 63 % sont des hommes, 36 % souffraient de problèmes cardiaques ou encore que les personnes avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieurs à 40, avaient près de trois fois plus de risques de mourir.

L’ethnicité mise en avant

L’étude a également d’original qu’elle introduit des facteurs encore peu évoqués dans d’autres recherches : la précarité et l’ethnicité. L’étude souligne que le risque de décès augmente chez les personnes appartenant à une minorité ethnique. Ainsi les personnes noires ont 1,71 fois plus de risques de mourir que les personnes blanches. Le risque est 1,62 fois plus élevé chez les personnes asiatiques.

Les auteurs de l’étude émettent l’hypothèse que ces résultats pourraient être dus au fait que les personnes issues de minorité ethnique occupent en plus grand nombre des métiers exposés en première ligne durant l’épidémie. Ils soulignent également que ces populations souvent plus précaires vivent parfois dans des foyers avec une densité plus élevée ce qui favorise la propagation du virus.

Les limites de l’étude

L’étude qui a l’avantage de pouvoir être mise à jour au fur et à mesure de l’avancée de l’épidémie doit cependant être prise avec recul sur certains points. D’abord, l’étude se concentre sur les personnes décédées à l’hôpital et exclut par conséquent les populations mortes dans les Ehpad ou à leur domicile. Certains patients sont également décédés sans avoir eu de test virologique.

Enfin certains experts pointent du doigt une possible sous-estimation du facteur tabagisme dans cette étude. En effet, si les recherches se basent sur des données de santé collectées auprès de la population britannique, la mention sur le tabagisme serait assez peu renseignée par les patients.