Coronavirus : Plus de 100.000 soignants libéraux ont demandé une aide à l’Assurance maladie

CRISE SANITAIRE Cette aide financière a été créée pour compenser les pertes d’activités liées au coronavirus et à la période de confinement

20 Minutes avec agences
Un médecin (illustration)
Un médecin (illustration) — Dinendra Haria / Shutters

Médecins, dentistes, kinés, infirmiers, sages-femmes, orthophonistes, pharmaciens : l’Assurance maladie a indiqué ce mercredi avoir reçu 103.000 demandes de professionnels de santé libéraux souhaitant bénéficier de l’aide financière créée pour compenser les pertes d’activité liées au coronavirus et au confinement.

Le dispositif, conçu pour compenser leurs frais et non pour garantir leur revenu, prend en compte les honoraires perçus en 2019 (hors dépassements), ceux éventuellement encaissés entre le 16 mars et le 30 avril, le « taux de charge » moyen par profession et les autres aides éventuellement reçues.

« Le dispositif se réactivera fin mai »

Si « le montant validé en cours de versement » n’est pas précisément connu, « on est déjà facilement à 300-400 millions d'euros », a estimé le directeur général de l’Assurance-maladie, Nicolas Revel, lors d’une visioconférence organisée par l’Association des journalistes de l’information sociale. Il prévoit « un point sur le sujet dans la deuxième quinzaine de mai ».

Le compteur n’a toutefois pas fini de tourner. « Le dispositif se réactivera fin mai » avec une nouvelle « fenêtre de déclaration » pour les pertes d’activité du mois en cours.

Un rythme de consultations moins important

Au-delà, « si la reprise n’est pas au rendez-vous, il faudra qu’on prévoie un autre mécanisme d’indemnité basé sur les revenus », a toutefois prévenu Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF. Le principal syndicat de médecins libéraux s’inquiète notamment pour les chirurgiens, qui « ne peuvent pas travailler parce que leurs cliniques ont été réquisitionnées pour accueillir des patients Covid ».

Les nouvelles mesures d’hygiène auront cependant un effet dans toutes les spécialités et entraîneront « vraisemblablement un rythme de consultations qui sera moindre » qu’auparavant, a-t-il prédit. Pour ces raisons, « il va falloir ouvrir d’urgence une négociation conventionnelle » avec l’Assurance maladie, pour revoir notamment « la valorisation des actes », c’est-à-dire les tarifs des consultations.