Coronavirus : Moins de 10 % de la population infectée en Ile-de-France et dans le Grand-Est

EPIDEMIE A l’échelle nationale, 4,4 % de la population aurait été infectée, selon l’Institut Pasteur

20 Minutes avec AFP

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Coronavirus: Une famille avec des masques en vélo.
Coronavirus: Une famille avec des masques en vélo. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

En Ile-de-France et dans le Grand-Est, les deux régions les plus touchées en France, moins de 10 % de la population a été infectée par le nouveau coronavirus, selon une étude de l'Institut Pasteur, publiée ce mercredi, qui estime à 4,4 % le chiffre au niveau national.

Dans ses premières estimations publiées fin avril, l'Institut Pasteur prévoyait que 5,7% (marge d'incertitude entre 3 et 10%), soit 3,7 millions de personnes, auraient été contaminés au 11 mai. Le résultat a été revu à la baisse à 4,4 % (avec une marge d’incertitude entre 2,8 à 7,2), soit 2,8 millions de personnes au 11 mai, dans les derniers résultats publiés ce mercredi dans la revue Science.

Il faudrait « 65 % de la population immunisée » pour contrôler l’épidémie

« Ce sont surtout les intervalles d’incertitude qui comptent : on était entre 3 et 10 %, on est aujourd'hui entre 3 et 7%. Sur un plan purement épidémiologique cette variation ne change rien, on reste dans le même ordre de grandeur », a expliqué Simon Cauchemez, de l’Institut Pasteur. Dans tous les cas, le chiffre est très loin d’un niveau suffisant pour atteindre une immunité collective permettant d’éviter une deuxième vague sans mesures de contrôle de l’épidémie. « Il faudrait qu’environ 65 % de la population soit immunisée pour que l’épidémie soit contrôlée par l’immunité seule », écrivent les auteurs.

« Nos résultats suggèrent donc fortement que, sans vaccin, l’immunité de groupe seule sera insuffisante pour éviter une deuxième vague à la fin du confinement », insistent-ils. « Des mesures de contrôle efficaces permettant de limiter le risque de transmission doivent être maintenues au-delà du 11 mai pour éviter un rebond de l’épidémie ». « On attend davantage de données sérologiques pour pouvoir mieux calibrer nos modèles et affiner nos évaluations », a précisé Simon Cauchemez.

La faible contamination due au confinement

Mais alors que le confinement est levé progressivement, « toutes les données disponibles, toutes les études publiées suggèrent qu’une reprise de l’épidémie est probable en l’absence de mesures de contrôle », a-t-il insisté. Les chercheurs se sont penchés également sur la situation des deux régions les plus touchées par l’épidémie. Selon leurs estimations, 9,9 % (marge de 6,6 à 15,7 %) des habitants d’Ile-de-France auraient été contaminés au 11 mai et 9,1 % (marge 6,0 à 14,6 %) dans le Grand-Est.

La faible part de population infectée est due au confinement lui-même, relève l’étude, selon laquelle le nombre moyen de personnes infectées par un cas est passé de 2,9 au niveau national avant le confinement à 0,67 à la fin. L’étude estime d’autre part que 3,6 % des personnes infectées ont été hospitalisées et 0,7 % sont mortes avec des écarts très importants selon les âges (de 0,001 % pour les moins de 20 ans à 10,1 % pour les plus de 80 ans).