Coronavirus à Toulouse : Avec leur sas sécurisé transparent, ils rendent possibles les visites sans contact en maison de retraite

INNOVATION Une entreprise toulousaine a mis au point un sas qui permet de sécuriser les visites « sans contact » à nouveau autorisées par le gouvernement depuis ce lundi

Béatrice Colin

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Des sas sécurisés pour accueillir les visiteurs en maison de retraite ont été développés par la société de l'agglomération toulousaine Usipanel.
Des sas sécurisés pour accueillir les visiteurs en maison de retraite ont été développés par la société de l'agglomération toulousaine Usipanel. — Usipanel
  • Dimanche soir, après six semaines de confinement, le gouvernement a autorisé à nouveau des droits de visite dans les Ehpad.
  • Des visites qui devront se faire sans contact, ce qui est déjà testé dans une maison de retraite toulousaine depuis dimanche grâce à un sas sécurisé.
  • Grâce à sa façade en plexiglas et ses écrans phoniques, ce dispositif mis au point par une société de Balma ne laisse pas passer le virus mais permet le contact visuel et auditif.

Après presque six semaines de confinement, le gouvernement a indiqué que les visites des proches étaient à nouveau autorisées en maison de retraite à compter de ce lundi. Mais pas n’importe comment pour ne pas introduire le virus là où il pourrait être dévastateur pour des résidents souvent fragilisés.

« Ce sera à la demande du résident, dans des conditions extrêmement limitées, pas plus de deux personnes de la famille, pas en même temps et sous la responsabilité des directions d’établissement […] La sécurité sanitaire reste au cœur de notre projet. Il n’y aura pas la possibilité d’un contact physique mais un contact visuel », a indiqué dimanche soir le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Un contact visuel en toute sécurité, c’est ce que propose une société de l’agglomération toulousaine grâce à son sas sécurisé mis au point en l’espace d’une semaine. Dimanche, elle a installé son prototype à la maison de retraite toulousaine des Tibaous, cette structure qui l’avait sollicitée pour trouver une solution.

« Nous avons réalisé un sas sans porte qui vient en applique à l’intérieur d’une pièce. Le plexiglas fait toute la face avant et assure une barrière totale physique, mais les écrans phoniques équipés d’une membrane fine vibrent et laissent passer les ondes sonores », explique François Chantriaux de la société Usipanel.

Un dispositif sans contact

Avec son frère Pierre, ils avaient déjà eu l’idée de créer des vitres antipostillons qui équipent les voitures de l’Elysée, créant une barrière entre le chauffeur et les occupants ou des vitres de protection pour les commerces. Cette nouvelle solution, qui s’assemble facilement et coûte 2.000 euros, permet de rétablir le lien entre les pensionnaires, privés de tout contact avec leur famille depuis des semaines, tout en respectant les contraintes « sans contact » édictées par l’Agence régionale de santé.

« Les familles peuvent désormais ainsi aller leur rendre visite dans l’établissement, ce qui est moins frustrant que de se voir à travers une vitre à l’extérieur, sans se parler. C’est important psychiquement pour nos 80 résidents qui vivent une situation difficile et chez qui, pour certains d’entre eux, on commençait à voir un syndrome de glissement, une baisse de leur état cognitif et physique », explique un des cogérants de la maison de retraite.

Même si une psychologue et les personnels ont toujours été présents pour éviter ce laisser-aller, voir un membre de sa famille n’a pas le même effet sur le moral, notamment du point de vue affectif, même s’il n’y a aucun contact physique. « Et puis vous pensez bien que les directeurs d’établissement ne vont pas prendre le risque de faire rentrer à nouveau le virus, cette solution est aussi un moyen de sécuriser les familles qui ont peur de contaminer leurs proches », poursuit ce responsable.