Coronavirus : Cédric O « optimiste mais pas totalement certain » de l’utilité de l’appli de traçage StopCovid

EPIDEMIE Le système, s’il est déployé, doit permettre d’être prévenu en cas de contact avec une personne contaminée

20 Minutes avec AFP

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Le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, en janvier 2020.
Le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, en janvier 2020. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Elle n’est pas encore sur les rails, et ne le sera peut-être jamais, mais fait beaucoup parler d’elle. L’application StopCovid, sur laquelle travaillent les autorités, doit permettre, si elle est déployée, à un utilisateur d’être prévenu s’il a croisé une personne contaminée par le coronavirus. Le tout en stockant sur son smartphone, pendant une durée définie, l’identifiant de tous les smartphones détectés à proximité grâce à la technologie sans fil Bluetooth.

Mais le problème, a expliqué ce mardi le secrétaire d’Etat au Numérique, Cédric O, devant la commission des affaires économiques du Sénat, est que la technologie Bluetooth ne permet pas de mesurer exactement la distance entre deux smartphones. Et donc de savoir s’il y a un réel risque de contamination ou non entre les porteurs des appareils.

D’où la question que s’est posée Cédric O ce mardi : « Est-ce que nous allons réussir à avoir quelque chose qui soit suffisamment précis pour que cela serve son objectif épidémiologique ? ». Réponse : « Je suis optimiste, mais pas totalement certain ». Le secrétaire d’Etat a ajouté devant les sénateurs que « c’est l’objet d’un travail très intense que nous menons avec les Allemands, qui ont un peu d’avance sur nous, mais qui ont partagé leur expertise ».

Un débat au Parlement

Les géants américains Google et Apple, qui détiennent les deux grands systèmes d’exploitation de smartphones dans le monde, ont annoncé vendredi qu’ils travaillaient ensemble pour faciliter la mise en œuvre de ce genre d’applications. Mais « ils n’ont pas expliqué exactement ce qu’ils prévoyaient, a indiqué Cédric O. Nous avons des échanges techniques avec Apple et Google et des échanges en parallèle avec le gouvernement allemand sur la manière dont on peut progresser dans les jours prochains. […] Toute aide peut être bienvenue (…) mais elle doit se faire aux conditions des gouvernements ».

Emmanuel Macron a déclaré lundi, lors de son allocution, qu’il souhaitait un débat au Parlement d’ici au 11 mai sur les techniques de traçage des données des téléphones pour lutter contre le Covid-19. « Cette épidémie ne saurait affaiblir notre démocratie ni mordre sur quelque liberté », a-t-il précisé, alors que le traçage est critiqué par des associations de protection de la vie privée et jusque dans les rangs de la majorité.