Coronavirus : Le confinement ne doit pas être relâché « trop tôt » prévient le directeur de l’AP-HP Martin Hirsch

EPIDEMIE Selon le patron des hôpitaux publics parisiens, le confinement a eu « un impact majeur » sur l’évolution de l’épidémie

20 Minutes avec AFP

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Martin Hirsch, le président de l'AP-HP estime qu'il ne faut pas sortir "trop tôt" du confinement.
Martin Hirsch, le président de l'AP-HP estime qu'il ne faut pas sortir "trop tôt" du confinement. — AFP

Le confinement « a eu un impact majeur » sur l’évolution de l'épidémie de coronavirus en France et ne doit pas être relâché « trop tôt », même s’il est amené à devenir « plus subtil », a estimé ce lundi le directeur général de l’AP-HP Martin Hirsch.

« Si on voit les choses se stabiliser, c’est parce que le confinement a été mis en place », a déclaré sur France inter le responsable de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, en assurant que l’obligation faite aux Français de rester chez eux avait permis de « sauver des vies ».

Le risque du « vrai débordement »

« C’est pour cela que nous insistons tous pour qu’il n’y ait pas de relâchement. Relâcher le confinement trop tôt, craquer en ce moment, si je puis dire, cela conduirait (…) à créer ce que nous avons évité jusqu’à présent, le vrai débordement », a-t-il poursuivi.

Selon Martin Hirsch, le confinement va cependant être amené à évoluer, pour devenir « plus subtil ». « On va probablement passer du confinement le plus uniforme possible à des choses qui seront plus différenciées, en fonction des publics, en fonction des territoires », a-t-il détaillé.

« Donc il y a probablement un certain nombre de personnes qui iront vers davantage de confinement » et d’autres, « aujourd’hui porteuses d’anticorps ou présentant certaines caractéristiques de zone d’habitat », qui « pourront avoir un degré de liberté supplémentaire ».

Une faible part de personnes immunisées

En tout état de cause, « il ne faut pas précipiter les choses », a insisté le responsable de l’AP-HP, en rappelant que le confinement avait eu un effet collatéral, qui est que «la proportion de la population immunisée, protégée, qui porte les anticorps, est aujourd’hui faible ».

« On l’a voulu, mais du coup on se retrouve dans une situation dans laquelle si on lâchait les vannes, c’est une population pas plus protégée qu’il y a un mois qui serait exposée au virus, et c’est ça qui rend les choses compliquées », a-t-il insisté.

Selon Martin Hirsch, l’épidémie de coronavirus se trouve ainsi à un niveau de « plateau » en France, et non sur un pic. « Un pic ça monte vite et ça descend vite. Là, ça monte vite et ça descendra (…) lentement », a-t-il souligné, estimant que la « tension » allait « durer longtemps ».

« Un plateau, en montagne, ça peut-être un plateau entre deux montagnes, et l’objectif c’est qu’il n’y ait pas la deuxième montagne qui arrive ou qui arrive trop vite », a-t-il conclu. La période de confinement est prévue à ce stade pour s’achever le 15 avril. Mais une extension au-delà de cette date semble probable.