Coronavirus : Plusieurs ONG exhortent le groupe Gilead Sciences de garantir l’accès à son antiviral

PANDÉMIE Des dizaines d’ONG ont appelé ce lundi le laboratoire américain Gilead Sciences à garantir l’accès du plus grand nombre à son antiviral remdesivir s’il se révélait efficace contre la maladie Covid-19

20 Minutes avec agences

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Illustration d'un(e) scientifique travaillant dans son laboratoire
Illustration d'un(e) scientifique travaillant dans son laboratoire — SUPERSTOCK/SIPA

Dans une lettre ouverte au PDG de la biotech californienne Daniel O’Day, plusieurs ONG dont Médecins sans frontières (MSF) ont exhorté Gilead à « garantir la disponibilité rapide, à un prix abordable, et l’accessibilité de son traitement expérimental remdesivir pour traiter le Covid-19 ».

« Gilead possède des brevets primaires pour le remdesivir dans plus de 70 pays, lesquels pourraient bloquer l’arrivée de génériques jusqu’en 2031 (…). Gilead a demandé à l’Agence américaine du médicament la classification du remdesivir comme médicament orphelin dans le but de renforcer ses droits exclusifs », ont dénoncé les ONG, accusant le groupe de n’avoir renoncé à ce processus « que sous la pression de critiques publiques fin mars ».

Dernière phase des essais cliniques

Dans une lettre ouverte publiée ce samedi sur le site Internet de l'entreprise, Daniel O’Day assurait que, s’il était approuvé, Gilead « s’efforcerait d’assurer l’accès à un prix abordable du remdesivir aux patients qui en auraient le plus besoin ». Le remdesivir est déjà dans la dernière phase des essais cliniques en Asie et en Chine. Les médecins ont rapporté qu’il était efficace dans la lutte contre la maladie. Toutefois, seulement les essais cliniques aléatoires permettent aux scientifiques de savoir avec certitude si le traitement marche.

« Il n’y a pour l’instant qu’un seul médicament dont nous pensons qu’il pourrait avoir une réelle efficacité. Et c’est le remdesivir », indiquait mi-mars Bruce Aylward, un responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon des analystes de la Bank of America cités dans la presse américaine, Gilead pourrait empocher jusqu’à 2,5 milliards de dollars grâce à son antiviral.