Coronavirus : Un chercheur lillois lance un appel pour multiplier les tests de dépistage, le gouvernement répond favorablement

RECHERCHE Le chercheur Philippe Froguel lance un cri d’alarme dans une lettre ouverte au premier ministre, concernant les tests de dépistage de l’infection par Covid-19

Gilles Durand

— 

Philippe Froguel, médecin, chercheur en endocrinologie, biologie moléculaire et génétique, et directeur de recherches au CNRS au sein de l'Institut Pasteur de Lille. (Archives)
Philippe Froguel, médecin, chercheur en endocrinologie, biologie moléculaire et génétique, et directeur de recherches au CNRS au sein de l'Institut Pasteur de Lille. (Archives) — M.LIBERT/20 MINUTES
  • Le professeur Philippe Froguel, chercheur au CNRS, a écrit une lettre ouverte au premier ministre
  • Il lui demande, d’urgence, d’autoriser « les laboratoires de recherche à pratiquer des tests ».
  • Selon le chercheur, « rien n’a pu avancer concrètement, pour une raison réglementaire ».

Edit, lundi 6 avril 2020: Les laboratoires du Professeur Philippe Froguel ont obtenu, vendredi, l’autorisation d'effectuer les tests COVID-19.

Une solution pour décupler la production de tests Covid-19. Au cœur de la crise sanitaire que traverse la France, le professeur Philippe Froguel, chercheur au CNRS et mondialement connu pour ses travaux sur le diabète à Lille, lance un cri d’alarme, ce mardi, dans une lettre ouverte au premier ministre.

Il propose d’atteindre l’objectif « de 50.000 tests de dépistage PCR de l’infection par Covid-19 par jour en avril » en autorisant « les laboratoires de recherche de l’Inserm et du CNRS qui maîtrisent la technique simple nécessaire, à pratiquer des tests ».

« En mesure de réaliser 1.000 tests par jour au lieu de 300 »

Selon lui, « rien n’a pu avancer concrètement, pour une raison réglementaire ». « Ces laboratoires ne sont pas accrédités par le Comité français d’accréditation (Cofrac) pour réaliser des tests diagnostiques. Cofrac aujourd’hui fermée en raison du confinement », dénonce-t-il.

Le professeur Froguel assure que son laboratoire, par exemple, « est en mesure de réaliser, dès la semaine prochaine, 1.000 tests par jour. Actuellement seuls 300 tests sont réalisés à Lille par jour ».

Le chercheur souligne qu'« ailleurs en France d’autres laboratoires CNRS ont fait la même demande » et « n’attendent que l’autorisation » pour commencer à travailler. Dans un communiqué du 24 mars, l’Académie de médecine proposait déjà de faire appel « aux laboratoires de recherche, notamment en génétique et biologie moléculaire, qui (…) disposent déjà du matériel et surtout des personnels compétents, actuellement confinés chez eux, mais dont beaucoup se sont portés volontaires pour réaliser les tests ».

Faire « tomber une barrière juridique »

Par ailleurs, quatre présidents de départements (Indre-et-Loire, Sarthe, Maine-et-Loire et Loire-Atlantique) ont également écrit au ministre de la Santé, Olivier Véran, pour lui demander qu’un laboratoire d’analyses public, Inovalys, puisse élaborer des tests de Covid-19 en faisant « tomber une barrière juridique », selon Ouest-France.

« La généralisation des tests de dépistage du Covid-19 (…) est indispensable, non seulement, pour protéger la population mais aussi pour préparer la fin du confinement et la reprise progressive d’une vie sociale et économique normale », assure encore Philippe Froguel.

Car ce dernier doute de l’arrivée et de la mise en place rapide « des millions de tests de dépistage PCR, ainsi que des robots » commandés par le gouvernement. « Ce n’est pas une question de jours, mais de plusieurs semaines, qui seront nécessaires pour que les laboratoires d’analyses médicales de ville puissent prendre massivement le relais des laboratoires hospitaliers. »